Une commission parlementaire britannique a appelé jeudi le gouvernement à "accentuer la pression" sur la Chine en boycottant les Jeux olypmpiques de Pékin et en reconnaissant qu'"un génocide est en cours" contre les Ouïghours.
Le gouvernement britannique a plusieurs fois appelé la Chine à respecter les droits humains et demandé qu'il soit permis à l'ONU de réaliser une enquête approfondie sur la répression des musulmans ouïghours au Xinjiang. Mais pour les députés, ces appels "se sont jusqu'à présent révélés inefficaces".
Dans un rapport, la commission parlementaire des Affaires étrangères appelle le gouvernement britannique à "accepter le point de vue du Parlement selon lequel les Ouïghours et d'autres groupes ethniques minoritaires du Xinjiang subissent un génocide et des crimes contre l'Humanité, et prendre des mesures pour mettre fin à ces crimes". Le gouvernement n'a jusqu'à présent pas utilisé le terme de "génocide", estimant que seule la justice peut établir cette définition.
A l'unisson du Parti d'opposition travailliste, cette commission estime que le gouvernement "ne devrait pas assister" aux Jeux olympiques d'hiver de Pékin 2022. Interrogé mercredi au Parlement, le Premier ministre Boris Johnson a dit qu'il réfléchirait à un boycott mais qu'il était "instinctivement contre les boycotts sportifs".
Les députés se montrent par ailleurs inquiets que des produits issus du travail forcé se retrouvent sur le marché britannique et suggèrent "une interdiction d'importer tous les produits en coton fabriqués en tout ou partie dans le Xinjiang".
Plusieurs organisations de défense des droits humains ont accusé les autorités chinoises d'avoir interné dans des "camps de rééducation" de cette région du nord-ouest de la Chine au moins un million de musulmans. Pékin dément ce chiffre et parle de "centres de formation professionnelle" pour soutenir l'emploi et combattre l'extrémisme religieux.
Les députés recommandent aussi d'"interdire aux sociétés de surveillance comme Hikvision - qui fournissent du matériel de surveillance aux camps de détention - d'opérer au Royaume-Uni". Selon des médias, des caméras de cette société sont utilisées au ministère de la Santé, où des images de surveillance fuitées dans la presse et montrant Matt Hancock embrasser une collaboratrice l'ont contraint à démissionner de son poste de ministre de la Santé, soulevant aussi des questions sur la sécurité au sein des locaux ministériels.
Les députés pressent l'exécutif britannique d'"accroître la pression sur le gouvernement chinois pour permettre aux observateurs internationaux d'accéder au Xinjiang".
Au Royaume-Uni, ils l'exhortent à "mettre en oeuvre une procédure d'asile accélérée pour les Ouïghours".
Pour le président de la commission parlementaire, le député conservateur Tom Tugendhat, "aucun pays n'est assez puissant pour pouvoir commettre des atrocités en toute impunité. Le Royaume-Uni peut choisir d'agir (...) pour demander des comptes au Parti communiste chinois".
