Le tribunal électoral péruvien (JNE) a annoncé lundi qu'il avait achevé son examen des contestations du scrutin présidentiel du 6 juin et était prêt à en proclamer les résultats, que la candidate Keiko Fujimori s'est engagée à "reconnaître".
Le décompte de l'organisme électoral (ONPE) sur 100% des votes a donné au candidat de la gauche radicale Pedro Castillo 50,12% des voix, contre 49,87% pour Mme Fujimori, de la droite populiste, qui a lancé des accusations de "fraude", sans preuves.
Le JNE a annoncé sur Twitter qu'après avoir déclaré "à l'unanimité l'irrecevabilité des 5 [derniers] recours présentés par le parti politique [fujimoriste] Fuerza Popular [...], il sera procédé à la préparation de l'acte de proclamation des résultats généraux". La cérémonie d'investiture sera programmée "cette semaine", a-t-il ajouté, sans préciser la date.
Keiko Fujimori, qui avait insinué début juillet qu'elle ne reconnaîtrait pas la victoire de son concurrent, a fait volte-face lundi, lors d'une conférence de presse: "Aujourd'hui, j'annonce qu'en remplissant mes engagements, mon engagement envers tous les Péruviens, envers [le prix Nobel] Mario Vargas Llosa, envers la communauté internationale, je vais reconnaître les résultats car c'est ce qu'exigent la loi et la constitution que j'ai juré de défendre".
Mario Vargas Llosa, 85 ans, a soutenu depuis l'Espagne Mme Fujimori, après s'être opposé au père de celle-ci, Alberto Fujimori, président de 1990 à 2000 et qui purge une peine de 25 ans de prison pour corruption et crime contre l'humanité. Mi-juin, l'écrivain avait toutefois appelé ses compatriotes à ne pas parler de "fraude" tant que les résultats officiels du scrutin n'auront pas été publiés.
"J'appelle les Péruviens à ne pas baisser les bras et à mettre en oeuvre une défense démocratique" en cas de gouvernement Castillo, a aussi avancé Keiko Fujimori, visée par une enquête pour des pots-de-vin présumés lors de ses campagnes présidentielles de 2011 et 2016, où elle a échoué au second tour. Elle a déjà effectué 16 mois de détention préventive et risque 30 ans de prison.
La mission d'observation de l'OEA, les Etats-Unis et l'Union européenne ont estimé que le scrutin au Pérou avait été libre et transparent.
Le vainqueur de l'élection doit prendre ses fonctions le 28 juillet, jour de l'expiration du mandat du président intérimaire Francisco Sagasti et de la commémoration du bicentenaire de l'indépendance du Pérou.
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IPSOS
