Ils sont artistes, médecins ou influenceurs: depuis le début de la crise du Covid-19, un groupe très hétéroclite de personnalités minimise l'épidémie sur les réseaux sociaux et met en doute la fiabilité des vaccins, quitte à verser dans la désinformation.
Richard Boutry
Teint hâlé, cheveux en arrière, Richard Boutry aime à rappeler qu'il fût présentateur du Soir 3. L'ex-journaliste s'agite depuis des mois sur les réseaux sociaux, postant des vidéos coup de gueule sur la pandémie.
Pour lui, la vaccination vise à "détruire une partie de l'humanité", expliquait en juin celui qui se fait appeler "Ricardo", assurant que "les consciences s'éveillent".
"Au début, on était des dizaines de milliers dans ce combat, ensuite des centaines de milliers, maintenant - vous le voyez - des millions dans toute la France, à dire non à Macron", se félicitait-il au lendemain des manifestations du 17 juillet contre le pass sanitaire.
Alexandra Henrion-Caude
La vaccination contre le Covid-19 est, selon elle, une "folie": ex-directrice de recherche à l'Inserm, Alexandra Henrion-Caude est l'une des cautions scientifiques des antivaccins.
La généticienne s'affiche dans les rassemblements "covido-sceptiques" et a, ces derniers mois, rassemblé 100.000 abonnés sur Twitter et sa chaîne YouTube, créée pour "éclairer sur la vérité scientifique".
Elle a toutefois multiplié les déclarations infondées: elle assurait en mars que les vaccinés étaient plus contagieux que les autres et soutenait, l'an dernier, que les écouvillons des tests PCR conduisaient à un "lieu qui permettrait de passer des nanoparticules, des nouveaux modes de thérapie directement au niveau du cerveau".
Son ex-directeur de thèse, le généticien Axel Kahn récemment disparu, s'était ému de l'"incroyable dérive d'une chercheuse jadis de qualité".
Luc Montagnier
Figure de l'Institut Pasteur entre 1972 et 2000, Luc Montagnier, 88 ans, a longtemps été célébré pour ses travaux sur la découverte virus du sida qui lui ont valu un Prix Nobel.
Ces dernières années, son étoile a toutefois pâli dans la communauté scientifique après qu'il eut défendu des théories sur l'émission d'ondes électromagnétiques par l'ADN ou assuré que des antibiotiques pouvaient traiter l'autisme.
Depuis le début de la pandémie, il a fait plusieurs déclarations sujettes à caution, soutenant notamment que "la vaccination crée les variants" - une affirmation contestée par de nombreux scientifiques et contredite par le fait que les principaux variants sont apparus avant la campagne d'injections.
Martine Wonner
Ex-frondeuse de la majorité présidentielle, la députée du Bas-Rhin a multiplié déclarations controversées et contre-vérités.
Connue pour son franc-parler, cette psychiatre de formation est mise au ban de LREM en mai 2020 après avoir voté contre le plan de déconfinement.
Au sein du groupe Libertés et territoires, elle suscite de nouveaux remous en assurant que le port du masque "ne sert strictement à rien". Le 11 avril, dans le Finistère, elle peste contre la "cochonnerie génétiquement modifiée" des vaccins à ARN messager.
Décriée par une partie de ses pairs, elle se taille toutefois un franc succès chez les covidosceptiques et a provoqué un tollé en appelant "à faire le siège des parlementaires", conduisant son groupe à annoncer son exclusion.
Florian Philippot
Isolé depuis son départ en 2017 du Rassemblement national, l'ancien bras droit de Marine Le Pen a fait de la lutte contre la stratégie sanitaire de l'exécutif son cheval de bataille.
Candidat déclaré à l'Elysée, le fondateur du parti Les Patriotes était en première ligne du cortège le 17 juillet et organise depuis plusieurs mois des rassemblements "contre la folie sanitaire".
Le pass sanitaire "va causer de nombreux décès (...) Parlons clair: ceux qui le voteront auront du sang sur les mains !", a-t-il mis en garde.
Très actif sur les réseaux sociaux, l'énarque de 39 ans flirte parfois avec les "fake news".
Il a ainsi récemment assuré, à tort, que seul le Pakistan avait mis en place un pass sanitaire semblable à celui envisagé par le gouvernement français, ou encore relayé une vidéo d'un sapeur pompier suggérant que les vaccins accroissent le risque d'AVC, une affirmation infondée à ce jour.
Francis Lalanne
Fervent soutien des "gilets jaunes", Francis Lalanne, 62 ans, a multiplié les apparitions médiatiques pour critiquer la gestion de la crise sanitaire ou le port du masque et dénoncer un "coup d'Etat" mené au nom de la lutte anti-Covid.
Le chanteur a également regretté qu'on ait "empêché les Français d'avoir accès à des traitements précoces tels que l'hydroxychloroquine, l'azithromycine ou l'ivermectine" qui permettraient de guérir "très rapidement" du Covid-19 - une affirmation infondée à ce stade.
Son compte Twitter a été suspendu le 12 juillet, après qu'il eut qualifié la vaccination de "crime contre l'humanité".
Kim Glow
L'influenceuse Kim Glow, de son vrai nom Sophie Laune, a profité de sa notoriété sur les réseaux sociaux pour relayer, entre deux vidéos sponsorisées pour des produits de beauté, des théories complotistes sur le Covid.
L'ex-candidate de l'émission de téléréalité "Les Marseillais" a soutenu très tôt que l'apparition du nouveau coronavirus faisait partie d'un "génocide". "Le virus a été inventé pour diminuer la population et esclavager le reste qui survit", affirmait-elle ainsi en novembre 2020 sur Instagram.
Cumulant près de 3 millions d'abonnés, elle a régulièrement critiqué les confinements et le port du masque, avant de s'attaquer aux vaccins qui permettraient, assurait-elle, d'injecter une puce qui "va marcher avec la 5G".
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