Ethiopie: les dates marquantes du conflit

Voici les dates marquantes depuis le lancement par le gouvernement éthiopien d'une intervention armée il y a neuf mois dans la région dissidente du Tigré (nord), jusqu'à la mobilisation générale annoncée mardi, alors que le conflit s'étend à d'autres régions.

- Intervention militaire

Après des mois de tensions, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed annonce le 4 novembre 2020 le lancement d'une opération militaire contre les autorités du Tigré, accusées d'avoir attaqué deux bases de l'armée fédérale.

Le Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), à la tête de la région et qui a dominé la vie politique nationale pendant presque 30 ans, dément ces attaques.

Le 9 novembre, M. Abiy, lauréat du prix Nobel de la paix 2019, notamment pour avoir réconcilié l'Ethiopie avec l'Erythrée voisine, promet une intervention rapide.

Des dizaines de milliers de personnes se réfugient au Soudan voisin. L'Union africaine et l'ONU appellent à la fin du conflit.

- Possibles "crimes de guerre"

Le 13, l'ONU demande une enquête sur de possibles "crimes de guerre". Elle s'alarme ensuite d'une "crise humanitaire à grande échelle" à la frontière entre le Soudan et l'Ethiopie.

Des informations commencent à attester de la présence de troupes venues d'Erythrée, ennemi juré du TPLF.

- Chute de Mekele

Le 26, M. Abiy ordonne l'offensive finale contre la capitale régionale Mekele, fief du TPLF. Le 28, il annonce contrôler la ville, déclarant l'opération militaire "terminée".

Mais les combats se poursuivent, entravant l'acheminement de l'aide humanitaire.

- "Nettoyage ethnique"

Le 26 février 2021, Amnesty International accuse des soldats érythréens d'avoir tué "des centaines de civils" en novembre dans la ville sainte d'Aksoum (nord du Tigré).

Le 10 mars, la diplomatie américaine dénonce des "actes de nettoyage ethnique" dans le Tigré occidental, contrôlé par les forces de la région voisine de l'Amhara (sud du Tigré) qui appuient l'armée éthiopienne.

- Déni

Pendant des mois, Addis Abeba et Asmara nient toute présence militaire érythréenne au Tigré.

Le 23 mars, Abiy Ahmed reconnaît cette présence. Il annonce trois jours plus tard le retrait des troupes érythréennes. Il semble également admettre qu'elles ont été impliquées dans des atrocités contre des civils.

La Commission éthiopienne des droits de l'Homme, organisme indépendant rattaché au gouvernement, confirme le massacre de plus de 100 civils par des soldats érythréens à Aksoum en novembre.

Début avril, l'Ethiopie assure que l'évacuation des troupes érythréennes a commencé. Mais le 15, un responsable de l'ONU affirme que rien ne confirme ce retrait.

- "Désastre humanitaire"

Le 22 avril, l'ONU réclame "un accès humanitaire sans entrave".

Le 26, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken exhorte l'Ethiopie à réagir face à l'aggravation du "désastre humanitaire", appellant les troupes érythréennes à se retirer "de manière vérifiable".

Selon des documents du gouvernement éthiopien obtenus par l'AFP, des soldats érythréens bloquent et pillent de l'aide alimentaire.

- Sanctions américaines

En mai, Washington prend des sanctions contre des responsables érythréens et éthiopiens.

Le président américain Joe Biden condamne des violations des droits humains "inacceptables" et exhorte à un cessez-le-feu immédiat.

- Elections

Le 21 juin, l'Ethiopie organise des élections législatives et régionales, qui ne se tiennent pas dans certaines circonsciptions dont toutes celles du Tigré. Le parti au pouvoir remporte une majorité écrasante.

- Marché bombardé

Le 22 juin, une frappe aérienne de l'armée éthiopienne touche un marché fréquenté à Togoga, au nord-ouest de Mekele, faisant au moins 64 morts et 180 blessés, entraînant une condamnation internationale. L'armée assure avoir visé des rebelles.

- Contre-offensive rebelle

Le 28 juin, les forces pro-TPLF entrent dans Mekele, dix jours après avoir lancé une contre-offensive. Elles assurent que leur lutte va "s'intensifier" jusqu'au départ des "ennemis" de la région, malgré un cessez-le-feu décrété par le gouvernement éthiopien.

- Famine

Le 3 juillet, un haut responsable de l'ONU déclare que plus de 400.000 personnes ont "franchi le seuil de la famine" au Tigré.

- Le conflit s'étend -

Le 12, les rebelles lancent une nouvelle offensive dans la région de Raya (sud du Tigré).

Le 14, le Premier ministre promet de "repousser les attaques".

Le lendemain, trois régions indiquent qu'elles vont déployer des troupes pour soutenir l'armée fédérale.

Ces dernières semaines, le conflit s'étend à deux régions voisines du Tigré, l'Afar et l'Amhara.

Le 5 août, les rebelles prennent le contrôle de la ville amhara de Lalibela, classée par l'Unesco au patrimoine mondial.

- Mobilisation générale -

Le 6, les rebelles rejettent un appel américain à leur retrait des régions voisines du Tigré. L'Ethiopie menace de déployer sa "capacité totale de défense".

Le 10, le Premier ministre appelle la population à rejoindre les forces armées.

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