ACTIVITE RALENTIE AU COURS DE LA SEMAINE

Arusha, 27 juillet 2007 (FH-TPIR/SYNTHESE HEBDOMADAIRE)-L’activité est restée très réduite au cours de la semaine au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) en prélude aux vacances judiciaires d’environ quinze jours qui commencent vendredi prochain.
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Les audiences devraient être suspendues le 3 août et reprendre le 20 août. Cette semaine, deux procès étaient prévus mais un seul s’est étendu sur toute la période concernée. Il s’agit du procès « Karemera et autres », qui concerne trois anciens dirigeants de l’ex-parti au pouvoir au Rwanda, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND). Edouard Karemera, un des accusés, était vice président du MRND. Il est coaccusé avec Mathieu Ngirumpatse et Joseph Nzirorera, respectivement président et secrétaire de ce parti politique. Le procureur du TPIR les poursuit pour génocide et des crimes contre l’humanité commis dans plusieurs régions du Rwanda entre avril et juillet 1994. Ils plaident non coupable. Ce procès conjoint a commencé le 19 septembre 2005. La chambre entend toujours les témoins à charge. Cette semaine a été essentiellement consacrée à l’audition de l’ancien préfet de Gitarama (centre du Rwanda), Fidèle Uwizeye. Le gouvernement intérimaire en place pendant le génocide s’était réfugié à Gitarama le 12 avril 1994 fuyant l’avancée des rebelles du Front patriotique rwandais (FPR). Uwizeye, tout comme le témoin qui l’a précédé, un ancien maire d’une commune de Gitarama, ont affirmé en substance que si le gouvernement ne s’était pas installé à Gitarama, les Tutsis de cette préfecture n’auraient pas tués. Les avocats ont contesté la crédibilité de ce témoin, alléguant notamment qu’il avait commis un parjure dans une autre affaire pendante le TPIR. La défense s’est par ailleurs attardée sur son appartenance au FPR. En 1994, Uwizeye était membre du Mouvement démocratique républicain (MDR), aujourd’hui dissous. Nommé préfet en 1992, il a été limogé par le gouvernement intérimaire. Actuellement, il est directeur chargé de la géologie et des mines dans un ministère à Kigali. C’est la troisième fois qu’Uwizeye témoigne devant le TPIR. La première fois, c’était en 1998 dans le procès de l’ancien maire de Taba à Gitarama, Jean-Paul akayesu, un de ses anciens subordonnés. Il avait été cité par la défense. Uwizeye a cependant déclaré qu’il avait fait le déplacement sans savoir quelle était la partie qui avait souhaité sa comparution. L’année dernière, Uwizeye a témoigné pour le procureur dans le procès de quatre anciens ministres du gouvernement intérimaire. Les avocats ont largement exploité ses déclarations dans ces différents procès pour en dégager des contradictions et le décrédibiliser devant les juges. A part le procès Karemera, le tribunal a brièvement siégé cette semaine dans l’affaire Emmanuel Rukundo. Rukundo, 48 ans, est un prêtre catholique poursuivi pour génocide et crimes contre l’humanité dans la région de Kabgayi au centre du Rwanda. Il plaide non coupable. En 1994, Rukundo était aumônier militaire. Son procès a commencé le 15 novembre 2006. La défense présente ses témoins depuis le 9 juillet. Les débats devaient se poursuivre jusqu’au 27 juillet mais ils ont été suspendus, prématurément, mardi, en raison de l’indisponibilité des témoins. Les audiences reprennent le 3 septembre. La défense clôturera sa preuve le 6 octobre, a déclaré le président de la chambre, le juge Joseph Asoka de Silva (Sri Lanka). AT/GF © Agence Hirondelle