UN RWANDAIS ACCUSE PAR KIGALI D’AVOIR SUBORNE UN TEMOIN

Arusha, 8 août 2007 (FH - TPIR/KAREMERA ) - Un Rwandais a comparu mardi devant un tribunal du nord de son pays, accusé d’avoir suborné un témoin cité devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPR), a rapporté le quotidien The News Times.

 

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Elias Kanyarutaro, 42 ans, a été entendu par le tribunal de grande instance de Musanze. Le parquet allègue qu’il aurait tenté d’influencer un témoin en lui versant une somme de 20.000 francs rwandais (environ 40 dollars américains). Le dit témoin aurait déposé dans le procès des anciens dirigeants de l’ex-parti au pouvoir, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), qui a commencé en septembre 2005 au TPIR Le suspect aurait agi pour le compte de l’ex-secrétaire général du parti, Joseph Nzirorera, un des trois accusés dans ce procès. Il a plaidé non coupable. Le procureur a déclare que “ ce n’est pas un crime de témoigner contre ou pour quelqu’un aussi longtemps que cela vient de sa propre conscience basée sur les faits, mais cela devient répréhensible quand quelqu’un le fait sous influence”. Kanyarutaro a affirmé qu’il était « pourchassé » simplement parce qu’il était un ami de Nzirorera. Le verdict sera rendu le 31 août. Le suspect encourt une peine de dix ans de prison. Nzirorera est accusé avec Mathieu Ngirumpatse et Edouard Karemera, respectivement président et vice-président du MRND en 1994. Poursuivis pour génocide et crimes contre l’humanité, tous les trois plaident non coupable. C’est la seconde fois en un peu plus d’un mois et demi que la justice rwandaise est saisie d'allégations de ce type. Mi-juin, un enquêteur de la défense dans le procès de l’abbé Emmanuel Rukundo, en cours devant le TPIR, Me Léonidas Nshogoza, a été arrêté. Il était suspecté d’avoir fait pression sur un témoin à charge afin qu’il revienne sur ses déclarations. Il est toujours en détention préventive. Par ailleurs, un témoin accusé d’outrage au TPIR a été récemment arrêté au Rwanda et transféré à Arusha pour être jugé. Il attend de comparaître devant un juge.

Le témoin protégé GAA avait d’abord déposé à charge, puis à décharge, dans le procès de l’ancien ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique Jean de Dieu Kamuhanda condamné à l’emprisonnement à vie le 19 septembre 2005 par la chambre d’appel.

GAA avait indiqué qu’il avait été induit en erreur par un autre témoin à charge pour expliquer son revirement.

La chambre d’appel a ordonné une enquête, qui a conduit à sa mise en accusation et à son arrestation.

La peine maximum encourue en cas de culpabilité est cinq d’emprisonnement ou une amende de 10.000 dollars américains ou les deux. AT/GF © Agence Hirondelle