L'ambassadeur afghan auprès des Nations unies, nommé par le gouvernement pré-taliban, a appelé jeudi l'ONU à renforcer les sanctions contre les talibans, qu'il a accusés de possibles crimes de guerre.
Ghulam Isaczai, membre du cabinet du président déchu Ashraf Ghani, reste le représentant de l'Afghanistan auprès de l'ONU en dépit de l'annonce de la formation d'un gouvernement mardi par les talibans.
Prenant la parole lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, il a exhorté les Nations unies à ne pas reconnaître le gouvernement taliban et à durcir les sanctions en vigueur contre des dirigeants nommés dans le cabinet intérimaire, y compris des restrictions sur leurs déplacements à l'étranger.
Les récentes manifestations à Kaboul sont un "puissant message pour les talibans que les Afghans ne vont pas accepter le système totalitaire qui leur est imposé", a-t-il estimé.
"Pour cette raison, je vous demande de vous abstenir de reconnaître tout gouvernement en Afghanistan, sauf s'il est réellement inclusif", a ajouté l'ambassadeur.
Il a accusé les talibans de s'être livrés à "des atrocité à grande échelle" dans la vallée du Panchir, dernière poche de résistance dans le pays après le départ des forces américaines.
"Les talibans continuent de commettre des violations des droits humains, des possibles crimes de guerre", a dit M. Isaczai.
Il a affirmé que les talibans étaient soutenus par des "combattants terroristes étrangers" et bénéficiaient d'appui de service de "renseignement étranger", dans une probable allusion au Pakistan qui a eu des disputes avec le gouvernement déchu et a soutenu le dernier régime islamiste afghan (1996-2001).
L'ambassadeur s'est également joint à d'autres responsables de l'ONU en demandant une aide humanitaire pour son pays, qui est confronté à une grave crise économique à l'approche de l'hiver.
