La justice vénézuélienne a ouvert une enquête contre une juge qui a acquitté un militaire accusé de la mort d'un jeune lors des grandes manifestations contre le pouvoir en 2017, a annoncé le procureur général mardi.
Le ministère public ouvre "une enquête pénale contre (la juge) Kenia Carrillo (...) pour son action inadéquate dans le cas de l'homicide de David Vallenilla", a indiqué Tarek William Saab sur son compte Twitter.
Lundi, la juge avait acquitté le sergent Arli Mendez Teran, accusé de la mort du jeune homme le 22 juin 2017, provoquant l'ire de plusieurs organisations de défense des droits humains.
"Le dossier David Vallenilla le prouve: il n'y a pas au Venezuela une volonté politique d'enquêter et de sanctionner les responsables matériels ni les donneurs d'ordre", s'est insurgé Rafael Uzcategui, coordinateur général de Provea (Programme Vénézuélien d'éducation et d'action en droits de l'homme).
Selon des images de la télévision, David Vallennilla avait été blessé par de la chevrotine alors que d'autres manifestants jetaient des pierres et cocktails molotov contre une base aérienne de Caracas.
M. Saab avait déjà annoncé lundi que le parquet ferait appel de l'acquittement. Le sergent avait été arrêté le 2 novembre 2017 et inculpé "d'homicide et d'utilisation inappropriée d'armes".
Une vague de manifestations contre le président Nicolas Maduro en 2017 avait fait au moins 125 morts.
La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert en 2018 une enquête préliminaire sur de possibles crimes contre l'humanité du régime du président Maduro, notamment lors de la répression de ces manifestations.
Les forces de l'ordre du Venezuela auraient fait subir à des manifestants, des opposants politiques ou perçus comme tels, de graves sévices et des mauvais traitements, avait dit la procureure de la CPI, Fatou Bensouda.
Le procureur général a récemment indiqué que plus de 150 membres des forces de l'ordre ont été condamnés pour des violations des droits humains depuis 2017.
Début mai, M. Saab a également annoncé l'inculpation de 12 membres de la Garde nationale pour la mort d'un jeune homme de 20 ans tué par un tir de grenade lacrymogène. A l'époque, les autorités avaient attribué sa mort aux manifestants.
Un policer vénézuélien a aussi été condamné en mai à 25 ans de prison pour la mort d'un jeune lors d'une manifestation de 2017 à Lecheria (300 km est de Caracas).
