La justice vénézuélienne a annulé vendredi l'acquittement d'un militaire accusé de la mort d'un jeune homme lors des grandes manifestations contre le pouvoir en 2017.
La cour d'appel de Caracas "déclare la nullité de la décision du 26 août du tribunal (...) et maintient en détention le citoyen Arli Mendez Teran pour l'homicide de David Vallenilla et ordonne la tenue d'un nouveau procès", selon un communiqué du tribunal.
Le procureur de la République, Tarek William Saab, avait mardi indiqué faire appel de l'acquittement et diligenter "une enquête pénale" contre la juge du premier procès "pour son action inadéquate".
Celle-ci avait acquitté lundi le sergent Arli Mendez Teran, accusé de la mort du jeune homme le 22 juin 2017, provoquant l'ire de plusieurs organisations de défense des droits humains.
Pour les ONG, "le dossier David Vallenilla prouve (qu'il) n'y a pas au Venezuela une volonté politique d'enquêter et de sanctionner les responsables matériels ni les donneurs d'ordre", s'était insurgé Rafael Uzcategui, coordinateur général de l'ONG Programme Vénézuélien d'éducation et d'action en droits de l'homme (Provea).
Selon des images de la télévision, David Vallenilla avait été blessé par de la chevrotine alors que d'autres manifestants jetaient des pierres et cocktails molotov contre une base aérienne de Caracas.
Le sergent avait été arrêté en novembre 2017 et inculpé "d'homicide et utilisation inappropriée d'armes".
Une vague de manifestations contre le président Nicolas Maduro en 2017 avait fait au moins 125 morts.
La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert en 2018 une enquête préliminaire sur de possibles crimes contre l'humanité du régime du président Maduro, notamment lors de la répression de ces manifestations.
Les forces de l'ordre du Venezuela auraient fait subir à des manifestants, des opposants politiques ou perçus comme tels, de graves sévices et des mauvais traitements, avait dit la procureure de la CPI de l'époque, Fatou Bensouda.
Le procureur général a récemment indiqué que plus de 150 membres des forces de l'ordre ont été condamnés pour des violations des droits humains depuis 2017.
Début mai, M. Saab a également annoncé l'inculpation de 12 membres de la Garde nationale pour la mort d'un jeune homme de 20 ans tué par un tir de grenade lacrymogène. A l'époque, les autorités avaient attribué sa mort aux manifestants.
Un policier vénézuélien a aussi été condamné en mai à 25 ans de prison pour la mort d'un jeune lors d'une manifestation de 2017 à Lecheria (300 km est de Caracas).
