Le président du Sri Lanka a promis de prendre des "mesures immédiates" pour modifier la législation antiterroriste afin de conserver les avantages du régime commercial que lui accorde l'Union européenne, son deuxième plus grand partenaire dans ce domaine après la Chine, a indiqué son bureau mardi.
"Des mesures immédiates seront prises pour modifier les dispositions adéquates de la PTA", la loi sur la prévention du terrorisme, a indiqué le président, cité par son bureau mardi, ajoutant, "que le pays se conformerait aux accords sur les droits de l'homme".
Cette loi permet à la police d'arrêter et de détenir des suspects pendant de longues périodes, sans inculpation.
L'UE avait averti le Sri Lanka que son système de préférences généralisées (SPG Plus) - offrant à l'île un meilleur accès aux marchés européens pour ses exportations - pourrait lui être retiré. Ce régime commercial vise à encourager le respect des droits de l'homme.
Les organisations internationales de défense des droits de l'homme accusent le gouvernement de Rajapaksa, arrivé au pouvoir en novembre 2019 avec le soutien écrasant de la majorité cinghalaise-bouddhiste, de persécuter les minorités et de cibler les défenseurs des droits.
Lundi, Gotabaya Rajapaksa a affirmé, auprès d'une délégation de l'UE en visite, avoir chargé son ministre de la Justice et le procureur général de procéder à des réformes urgentes de la PTA.
Soixante-dix-huit prisonniers tamouls sont derrière les barreaux en vertu de la PTA sans avoir été formellement inculpés, certains d'entre eux depuis plus de trois décennies.
Le président a aussi assuré l'UE lundi qu'il chercherait le soutien des organisations de la société civile pour la réconciliation ethnique dans le pays, qui sort d'une guerre séparatiste tamoule de plusieurs décennies.
Le retrait du SPG Plus, qui rapporte au Sri Lanka environ 300 millions d'euros par an, serait catastrophique à l'heure où le pays est confronté à une grave crise monétaire.
Le bloc européen est le deuxième plus grand partenaire commercial du Sri Lanka après la Chine et sa deuxième principale destination d'exportation, ayant absorbé 22,4% des exportations sri-lankaises en 2020.
En 2010, le SPG avait déjà été retiré à Colombo accusé par l'UE de ne pas coopérer à la recherche des responsables de crimes de guerre présumés et de ne pas respecter les droits de l'homme. Les concessions ont été rétablies en 2017 après des promesses de réformes.
M. Rajapaksa était le principal chef de la défense en 2009, lorsque son frère Mahinda, le président d'alors, a écrasé les chefs rebelles tamouls et déclaré la fin de 37 ans de guérilla ayant fait plus de 100.000 morts.
Cette fin sanglante a donné lieu à des allégations selon lesquelles quelque 40.000 civils tamouls auraient été tués par les forces gouvernementales, ce que les gouvernements successifs ont toujours démenti, se refusant toutefois à autoriser une enquête internationale.
