Le service de lutte contre les ingérences numériques étrangères Viginum, qui sera notamment chargé de surveiller les tentatives de déstabilisation de la campagne présidentielle, débutera ses travaux le 15 octobre, selon l'arrêté désignant son chef publié au Journal officiel mercredi.
Gabriel Ferriol, conseiller référendaire à la Cour des comptes, a été choisi par le Premier ministre Jean Castex pour piloter ce nouvel outil "à compter du 15 octobre", selon le texte.
La création de cette agence avait été annoncée début juin par Stéphane Bouillon, Secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), duquel dépendra Viginum.
Des ingérences numériques, tentatives de manipulation des opinions sur les réseaux sociaux ou actions de piratage, se sont multipliées dans les campagnes électorales occidentales ces dernières années.
Avec cette agence, "il ne s'agit pas de corriger ou rétablir la vérité, mais d'arriver à détecter les attaques quand elles viennent de l'étranger, pouvoir les caractériser et d'une certaine manière les attribuer pour pouvoir permettre aux hommes politiques, aux diplomates, à la justice et la presse de constater que sur 400.000 tweets de reprise de telle ou telle information, 200.000 viennent d'une ferme à bots (des comptes automatisés, NDLR) dans une région hors de notre pays ou que tel débat provient d'une ferme à trolls", avait-il expliqué devant la Commission de défense de l'Assemblé nationale.
Parmi les cas les plus emblématiques: les ingérences en provenance de Russie pendant la présidentielle américaine de 2016, qui ont fait l'objet d'une enquête approfondie des autorités américaines.
Début septembre en Allemagne, à quelques semaines des élections législatives, la justice a ouvert une enquête pour cyberespionnage de députés, derrière lequel Berlin soupçonnait la main du Kremlin.
Mais la Russie n'est pas le seul pays soupçonné de tenter de manipuler les opinions. La Turquie a par exemple été accusée d'attiser sur les réseaux sociaux une campagne hostile à la France en 2020.
