La Cour pénale internationale (CPI) a demandé vendredi des informations "fiables et actualisées" concernant les autorités représentant l'Afghanistan avant de statuer sur la demande de réouverture d'une enquête sur les crimes commis dans le pays.
Karim Khan, nouveau procureur général de la CPI, avait demandé la semaine dernière aux juges internationaux la réouverture d'une enquête en Afghanistan, axée sur les talibans et le groupe jihadiste Etat islamique-Khorasan (EI-K).
L'enquête avait été suspendue en 2020 par la CPI après que le gouvernement - désormais renversé - de Kaboul avait assuré qu'il tenterait d'enquêter lui-même sur les allégations de crimes de guerre.
M. Khan avait déclaré la semaine dernière que la situation en Afghanistan après la prise du pouvoir par les talibans signifiait qu'il ne pouvait "plus s'attendre à des enquêtes locales authentiques et efficaces".
Il avait avancé que "le changement de régime" avait eu "de profondes répercussions".
Or, les juges internationaux ont noté qu'il n'était "ni dans la compétence de la Chambre (préliminaire), ni dans celle d'un quelconque organe de la Cour, de déterminer des questions de représentation étatique, ou de transition de pouvoir au sein d'un Etat donné".
Les juges ont donc décidé de demander "au Secrétaire Général des Nations Unies et au Bureau de l'Assemblée des États Parties de la Cour de lui faire parvenir des informations quant à l'identification des autorités qui représentent actuellement (...) l'Afghanistan", réclamant que ces informations soient "fiables et actualisées".
La CPI, créée en 2002 pour juger les pires atrocités dans le monde, est un tribunal indépendant de dernier recours et n'intervient que lorsque les gouvernements ne veulent pas ou ne peuvent pas poursuivre les crimes les plus graves.
La communauté internationale est également confrontée à un dilemme croissant quant à savoir s'il faut reconnaître les talibans comme les dirigeants de l'Afghanistan.
Le débat avait a éclaté au grand jour à l'Assemblée générale de l'ONU le mois dernier où les talibans avaient demandé à parler au nom de l'Afghanistan, alors que l'ambassadeur du gouvernement déchu prétendait représenter son pays. L'Afghanistan avait finalement été privé de parole.
