28.09.07 - TPIR/SYNTHESE HEBDOMADAIRE - LE MUSICIEN BIKINDI A ENTAME SA DEFENSE

Arusha, 28 septembre 2007 (FH - TPIR/SYNTHESE HEBDOMADAIRE) - Simon Bikindi, le célèbre musicien rwandais accusé d’incitation au génocide, a entamé sa défense cette semaine devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
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  Arrêté le 12 juillet 2001 à Leiden aux Pays Bas, Bikindi, 53 ans, est jugé depuis le 18 septembre 2006. Le procureur a cité 17 témoins dans cette affaire.   L’avocat principal de Bikindi, Me Andreas O’Shea du barreau d’Angleterre et du Pays de Galles, a annoncé 42 témoins à décharge.   Me O’Shea a déclaré qu’il entendait prouver que son client n’était pas un politicien voué à la cause du génocide des Tutsis tel que l’a décrit le procureur, mais un simple artiste.   Le procureur a mis en preuve trois chansons de Bikindi, affirmant qu’elles véhiculent un message de haine contre les Tutsis. Bikindi rétorque que l’accusation se méprend.   L’accusé citera notamment un expert linguiste pour démonter la thèse du procureur. Celui-ci avait également fait comparaître un linguiste qui avait collaboré avec un historien.   Me O’Shea a déclaré que les chansons de Bikindi s’inscrivent certes dans un contexte historique mais que l’artiste n’était pas intéressé par la politique.   En 1994, Bikindi travaillait au ministère de la jeunesse et des sports et était responsable d’un ballet folklorique. Plusieurs membres de sa troupe sont venus témoigner sur son caractère. Ils l’ont présenté comme un homme qui ne pratiquait pas de discrimination ethnique.   A côté du procès Bikindi, trois autres affaires se sont poursuivies cette semaine devant le TPIR: Rukundo, Gouvernement II et Butare.   Emmanuel Rukundo est un prêtre catholique qui, en 1994, était aumônier militaire. Son procès a commencé en novembre 2006. Les auditions de témoins devraient prendre fin le 5 octobre, après que lui même ait témoigné pour sa propre défense.   Dans l’affaire Gouvernement II, quatre anciens ministres sont jugés depuis novembre 2003. C’est le troisième coaccusé, l’ancien ministre des affaires étrangères, Jérôme Bicamumpaka, qui présente actuellement sa défense en faisant valoir à la Cour qu'il était occupé exclusivement à des contacts diplomatiques.   Mercredi, le TPIR a demandé à Paris de coopérer avec la défense de Bicamumpaka qui souhaite rencontrer  sept diplomates français qui seraient de potentiels témoins d’alibi. Parmi eux se trouvent les anciens ambassadeurs à Kigali, Kinshasa et New York respectivement Jean-Michel Jean-Michel Marlaud, Jacques Depaigne et Jean-Bernard Mérimée.   Bicamumpaka entend également citer pour sa défense d'autres diplomates étrangers, dont l’ambassadeur de Belgique au Rwanda en 1994, Johann Swinnen. La chambre a également demandé au gouvernement belge de coopérer en ce sens.  Dans Butare, un procès collectif regroupant six accusés qui a commencé en juin 2001, c’est le cinquième coaccusé qui cite des témoins à décharge.   L’ancien maire de Ngoma, Joseph Kanyabashi, a été défendu cette semaine par le professeur belge Filip Reyntjens, un spécialiste du Rwanda qui a, plusieurs fois, témoigné pour le procureur.   Il a rompu avec ce dernier en janvier 2005 dénonçant la non poursuite des éléments de l’ex-rébellion rwandaise suspectés de crimes de guerre commis en 1994.   Reyntjens a déclaré que Kanyabashi était opposé au génocide mais qu’il ne pouvait abandonner son poste de peur d’être tué.   La semaine verra la reprise du procès Karemera dans lequel sont jugés trois anciens responsables de l'ex-parti unique. Ce procès a commencé septembre 2005 et devrait selon son président qui préside également le TPIR s'achever au premier trimestre 2009.   AT/PB/GF   © Agence Hirondelle