26.10.07 - BURUNDI/JUSTICE - LA REBELLION BURUNDAISE DEVRAIT PARTICIPER A LA JUSTICE DE TRANSITION

  Bujumbura, 26 octobre 2007 (FH) -  L’ex-président du Burundi, Domitien Ndayizeye, estime que le mouvement rebelle du Palipehutu/FNL devrait être associé au processus de justice transitionnelle et aider à faire connaître la vérité sur les événements qui endeuillent le pays depuis l’indépendance.
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  « Ils doivent faire partie de ce que nous avons appelé « contrat de société [Accord d’Arusha, ndlr] et contribuer à faire connaître la vérité », a soutenu l’ancien président, aujourd’hui sénateur, lors d’un entretien avec l’Agence Hirondelle.   « La question du FNL est très simple : il ne cherche que des postes politiques, mais le gouvernement hésite (à accéder à sa demande) pour des raisons inconnues et je ne vois pas pourquoi », s’est-il interrogé.   Le Palipehutu/FNL est le dernier mouvement rebelle encore en négociation avec le gouvernement. Un accord de cessez-le-feu entre les deux parties a été signé il y a un an à Dar es Salaam, en Tanzanie, mais un accord global sur sa mise en application se fait toujours attendre.   Dans le but de résoudre la crise qui secoue le pays depuis plus de quarante ans, les acteurs politiques burundais ont négocié un « accord global pour la paix et la réconciliation au Burundi » signé  à Arusha (nord de la Tanzanie) en août 2000.   Cet accord prévoit la mise sur pied de deux mécanismes : la Commission Vérité Réconciliation (CVR) et le Tribunal spécial (TS) qui doivent faire la lumière sur les crimes commis au Burundi depuis 1962 et agir en conséquence.   Une campagne de consultation populaire sur l’opportunité de ces mécanismes devrait démarrer dans les prochains jours car un comité de pilotage mis en place à cet effet travaille déjà sur le calendrier, selon plusieurs sources concordantes.    De l’avis du président Ndayizeye, « cette gymnastique (de campagne populaire) n’est pas nécessaire ». « L’opportunité de la CVR ne se pose pas car cela a été décidé à Arusha », dit-il. Ce point de vue n’est pas partagé par la quasi totalité des personnes interrogées jusqu’ici par Hirondelle.   L'ancien ministre des affaires étrangères et ex membre influent du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, Jean Marie Ngendahayo a récemment déclaré à Hirondelle que le gouvernement aurait du adopter « une attitude pro-active » depuis longtemps en recueillant l'avis de la population sur des questions aussi importantes.   Le président du comité de pilotage, Festus Ntanyungu, ancien ministre lui aussi, a exprimé un point de vue similaire.     L'ex président Ndayizeye estime plutôt qu'une Commission ad hoc issue du comité de pilotage devrait entamer ses propres enquêtes pour éviter de faire tomber la population dans le piège de la globalisation.   « Depuis la période du système de parti unique jusqu'à ce jour, les Hutus ont tendance à parler pour les Hutus, les Tutsis pour les Tutsis. Des enquêtes approfondies et indépendantes permettraient d’éviter cela », a estimé l’ancien homme fort du pays.   GA/PB/GF   © Agence Hirondelle