20.11.07 - TPIR/DETENUS - DES DETENUS DU TPIR S'ESTIMENT "PRISONNIERS POLITIQUES" DE L’ONU

Arusha, 20 novembre 2007 (FH) – Plus de la moitié des personnes incarcérées au centre de détention du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha, en Tanzanie, ont dressé un bilan négatif de la juridiction et se sont déclarées "prisonnières politiques" des Nations Unies. 
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  Dans une lettre adrressée au Conseil de sécurité des Nations Unies et transmise à l'agence Hirondelle ces détenus, accusés ou condamnés, affirment : « le TPIR nous a emprisonnés avant tout pour des motifs d’ordre politique. De ce fait, nous sommes des prisonniers politiques de l’Organisation des Nations Unies ». Le texte qui est daté du 15 novembre a été signé par 31 des 55 détenus. Aucun des condamnés passés aux aveux n’a apposé sa signature au bas du document. L’accusé phare du tribunal, l’ex-directeur de cabinet au ministère de la Défense, le colonel Théoneste Bagosora, accusé d’être « le cerveau » du génocide de 1994, n’a pas non plus signé.   La liste des auteurs du texte comprend des condamnés, des accusés en jugement ou en attente de procès.   Selon eux, le bureau du procureur au TPIR « s’est ingénié à chercher, même en les fabriquant en complicité avec le FPR, des éléments (de preuves) pour faire condamner les personnes choisies arbitrairement comme des échantillons représentatifs des catégories socioprofessionnelles et politiques dans le camp des vaincus tandis que les jugements des chambres ne se préoccupent guère de l’établissement de la vérité ».   Ils invitent « instamment les autorités de l’Organisation des Nations Unies, particulièrement les membres du Conseil de sécurité, à faire une analyse objective de l’action judiciaire du TPIR en rapport avec ses missions officielles pour reconnaître que ce tribunal a échoué dans son objectif premier d’établir la vérité, de rendre une justice équitable, de combattre l’impunité et réconcilier le peuple rwandais ».   « Nous demandons aux autorités de l’ONU d’appeler le TPIR à procéder, sans plus tarder, à l’inculpation et à l’arrestation du général Paul Kagame et ses collaborateurs accusés de violations graves du droit international humanitaire », poursuit le communiqué.   Ces détenus demandent par ailleurs au Conseil de sécurité de « faire avorter le complot visant à transférer les accusés et les condamnés du TPIR au Rwanda » et de « faire cesser la traque et les arrestations arbitraires de Hutus en exil qui sont faites sur base de listes sauvages établies par le régime FPR dont le sinistre dessein est de faire taire toute contestation politique ».   Depuis le début de ses procès en 1997, le TPIR a prononcé 29 condamnations et 5 jugements.   PB/GF   © Agence Hirondelle