Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a vendredi exhorté les parties du conflit en Ukraine à ne pas utiliser d'armes lourdes hautement explosives au sein de zones habitées alors que l'armée russe poursuit ses bombardements qui frappent habitations et infrastructures civiles.
"Si les attaques sont intentionnellement dirigées contre la population civile : c'est un crime. Si les attaques sont intentionnellement dirigées contre des biens civils : c'est un crime", a rappelé le Britannique Karim Khan.
"J'exhorte vivement les parties au conflit à éviter l'utilisation d'armes explosives lourdes dans les zones peuplées", a appelé le procureur dans un communiqué.
M. Khan a également souligné qu'il continuait de suivre les développements "profondément préoccupants" des hostilités.
"Les événements de ces derniers jours m'obligent à souligner à nouveau que tous ceux qui sont impliqués dans ce conflit doivent respecter strictement les règles applicables du droit international humanitaire", a-t-il insisté.
Une frappe ayant visé mercredi une maternité et un hôpital pédiatrique de la ville encerclée de Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine, a fait trois morts dont une fillette et suscité des condamnations internationales.
Le procureur a ouvert la semaine dernière une enquête sur la situation en Ukraine, après avoir reçu le feu vert de 39 Etats parties de la CPI.
Deux états supplémentaires, le Japon et la Macédoine du Nord, ont entre-temps également appelé à l'enquête, a précisé le procureur vendredi.
M. Khan a par ailleurs appelé à partager "toute informations pertinentes" sur la situation aux enquêteurs via un portail dédié à l'enquête.
La CPI, qui siège à La Haye, a été créée en 2002 pour juger des individus poursuivis notamment pour des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou des actes de génocide.
L'Ukraine n'a pas signé le Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, mais elle a en 2014 officiellement reconnu la compétence de la cour pour les crimes commis sur son territoire.
Moscou a retiré en 2016 sa signature du Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, qui ne pourra atteindre des Russes que s'ils sont arrêtés sur le territoire d'un Etat qui respecte sa juridiction.
