Le candidat écologiste Yannick Jadot a réitéré mercredi ses accusations de "complicité de crimes de guerre" contre TotalEnergies qui maintient ses activités en Russie, proposant d'en débattre au PDG Patrick Pouyanné, pour qui le candidat à la présidentielle "insulte" le groupe.
La proposition intervient au lendemain de l'annonce par le géant français de sa décision d'arrêter tout achat de pétrole ou produits pétroliers russes, "au plus tard à la fin de l'année 2022".
Une mesure qui répond à "l'aggravation du conflit" en Ukraine, a expliqué le groupe, et qui est "complémentaire" de l'arrêt décidé précédemment des apports de capitaux à de nouveaux projets en Russie, sans toutefois se retirer du pays.
Interrogé sur les accusations régulièrement portées par Yannick Jadot contre TotalEnergies, Patrick Pouyanné s'est dit mercredi matin sur RTL "en colère". "Quand M. Jadot accuse les 100.000 salariés de Total (de crimes de guerre, NDLR), c'est gravissime, c'est une insulte, (...) c'est pas acceptable", a-t-il réagi.
"M. Jadot passe son temps à dire du mal de mon entreprise. Ce que j'observe c'est que ça le fait baisser dans les sondages; il ferait mieux de s'occuper de sa campagne et d'arrêter de nous insulter", a-t-il ajouté.
Tweet de Yannick Jadot en forme de réponse quelques heures plus tard: "TotalEnergies, soutenu par E. Macron, fait quelques concessions mais maintient l'essentiel de ses activités en Russie, en pleine connaissance des crimes de guerre qu'elles contribuent à financer. Oui c'est être complice ! J'appelle P. Pouyanné, PDG de Total, à débattre avec moi", a réclamé le candidat écologiste.
Sur RTL, le patron du géant pétrolier s'est défendu de toute inhumanité.
"Est-ce que vous pensez que nous ne sommes pas des êtres humains et que nous ne réfléchissons pas tous les jours?", a-t-il interrogé en évoquant l'exemple de "deux soldats ukrainiens employés de TotalEnergies" qui sont "deux héros dans l'entreprise aujourd'hui".
Il a aussi fait valoir la complexité de la situation face à ceux qui appellent à un retrait de Russie. "Vous voulez que je lâche tout? Que j'arrête d'amener le gaz russe aux Européens qui en ont besoin, alors que les gouvernements européens nous disent de continuer puisqu'ils ne veulent pas le (Vladimir Poutine, NDLR) sanctionner ?", a-t-il interrogé, en expliquant ce refus supposé de sanctions par le fait que "sans le gaz russe on arrête une partie de l'économie européenne".
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