13.02.08 - TPIR/MILITAIRES II - LE GENERAL NDINDILIYIMANA, UN HOMME PACIFIQUE, SELON UN TEMOIN

Arusha, 13 février 2008 (FH) - Un témoin a déclaré que le général Augustin Ndindiliyimana, accusé de génocide, était plutôt un homme pacifique, exempt de toute volonté de discriminations, mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
2 min 48Temps de lecture approximatif

Ancien haut cadre dans l’administration publique rwandaise et diplomate, Léon Ngarukiye, 60 ans, connaît très bien l’officier car ils sont originaires de la même commune.

Footballeur de talent selon le témoin, Ndindiliyimana a été notamment ministre en charge des sports. En 1994, il était chef d’état major de la gendarmerie. « Tel que je le connais, c’était un homme pacifique », a déclaré Ngarukiye, très détendu.

« A ce que je sache, il n’avait aucun problème ni avec les Hutus ni avec les Tutsis ni avec les gens du sud ni avec les gens du nord », a poursuivi le témoin qui réside actuellement au Danemark..

Ndindiliyimana, un Hutu, est originaire de Nyaruhengeri à Butare (sud). Des antagonismes étaient perceptibles dans les années 1990 entre Hutus et Tutsis d’une part et entre le sud et le nord d’autre part. La guerre qui a éclaté en octobre 1990 a contribué à les exacerber.

Le témoin a indiqué que Ndindiliyimana avait pris une part active dans les pourparlers de paix et qu’il croyait aux accords de paix d’Arusha qui prévoyaient notamment le partage du pouvoir et la fusion des armées belligérantes.

Le gouvernement rwandais était en guerre contre les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR). L’attentat contre l’avion présidentiel le 6 avril 1994, qui a déclenché le génocide des Tutsis, a sonné le glas des accords d’Arusha.

« Ndindiliyimana n’est pas responsable des détournements [de l’accord de paix] survenus par après », a relevé le témoin. Léon Ngarukiye a disculpé l’officier des allégations de massacres et d’incitation aux tueries à Nyaruhengeri et au lieu-dit Nyabisindu où le témoin a séjourné pendant quelques jours entre avril et mai 1994.

Ngarukiye, qui a été repris dans l’administration après le génocide, a souligné qu’il n’avait entendu personne à Nyaruhengeri ou dans les milieux politiques à Kigali évoquer la responsabilité éventuelle de Ndindiliyimana dans les massacres.

Le témoin, de par ses fonctions, s’entretenait souvent avec les plus hauts responsables du pays dont le vice-président et ministre de la défense d’alors, le général Paul Kagame. « J’ai été convoqué quelques fois chez lui ou chez d’autres. Je ne l’ai jamais entendu citer ce nom dans des discours officiels ni dans des entretiens que j’ai eus chez lui. ».

S’agissant des informations sur Nyaruhengeri, Ngarukiye a déclaré qu’il les tenait de son père. « Il avait dit qu’il était prêt à venir témoigner en sa faveur. Malheureusement, il est mort. J’ai pris la responsabilité de venir à sa place. ».

Il a conclu son témoignage en disant, à propos de l’accusé : « on ne trouve pas de raison qu’il aille massacrer un peuple qu’il a servi avec tant de bon cœur. Ceux qui disent cela, ils ont leurs propres raisons. Mais je pense que la vérité est là. Je pense qu’elle pourra triompher un jour ».

Ndindiliyimana est accusé avec trois autres officiers dans le procès dit Militaires II qui a commencé en septembre 2004. Tous plaident non coupable de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.

AT/PB/GF

© Agence Hirondelle