La Lituanie a annoncé lundi l'expulsion de l'ambassadeur de Russie dans ce pays balte, suite à l'invasion russe en Ukraine et les atrocités commises par les soldats russes.
"En réponse à l'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine souveraine et aux atrocités commises par les forces armées russes dans diverses villes ukrainiennes occupées, y compris l'horrible massacre de Boutcha, le gouvernement lituanien a décidé de réduire la représentation diplomatique et l'ambassadeur de la Fédération de Russie devra quitter la Lituanie", a déclaré à la presse le chef de la diplomatie lituanienne Gabrielius Landsbergis.
Par ailleurs, M. Landsbergis a indiqué que la Lituanie allait fermer le consulat de Moscou à Klaipeda, ville portuaire dont 20% des habitants sont Russes de souche.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a dénoncé une mesure "extrêmement hostile" et accusé la Lituanie de vouloir "détruire les relations bilatérales".
Moscou va annoncer des mesures de rétorsion "bientôt", a-t-elle ajouté.
M. Landsbergis a dénoncé le massacre présumé de Boutcha comme un "crime de guerre".
L'Ukraine accuse l'armée russe, qui a envahi le pays, d'avoir commis ce "massacre".
Cette petite ville au nord-ouest de Kiev a été occupée par l'armée russe dès le 27 février, restant inaccessible pendant plus d'un mois.
L'AFP y a vu samedi les cadavres d'au moins 22 personnes portant des vêtements civils dans des rues. L'une d'elles était couchée près d'un vélo et une autre avait des sacs à provisions à côté d'elle. Un cadavre avait les mains liées dans le dos.
Selon le maire de la ville, Anatoly Fedorouk, près de 300 personnes ont été enterrées dans des "fosses communes" à Boutcha.
Les images et informations en provenance de Boutcha ont provoqué un tollé international et la promesse de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie.
Selon le ministre lituanien, "à mesure que d'autres villes sont libérées, nous risquons de voir d'autres cas horribles de crimes de guerre".
Moscou a pour sa part démenti avoir tué des civils à Boutcha, le Kremlin et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov évoquant des "falsifications" et mises en scène à destination de la presse.
