"Le mensonge est chez Poutine une seconde nature", considère l'ex-président PS François Hollande, estimant, dans un entretien au Monde, que "le rapport de force est le seul moyen de ramener le président russe à ce que nous exigeons qu'il fasse ou qu'il ne fasse plus".
Pour l'ancien président français, "les atrocités commises par l'armée russe à Boutcha et les bombardements incessants sur Marioupol(...) constituent des crimes de guerre insupportables et intolérables dont les auteurs auront à répondre, un jour ou l'autre, devant les tribunaux internationaux".
"L'issue de cette guerre dépend de l'ampleur des sanctions infligées à la Russie, notamment sur le gaz et le pétrole, mais surtout de l'appui des Occidentaux à l'Ukraine sous forme de livraison d'armes", insiste l'ex-chef de l'Etat. Selon lui, "nous ne devons certes pas être des cobelligérants, mais nous ne pouvons quand même pas priver les Ukrainiens des moyens de libérer leur territoire, ou alors l'ignominie n'a pas de limites".
François Hollande estime que "le premier déplacement du prochain président français doit se faire à Kiev", tout en jugeant difficile pour Emmanuel Macron d'y aller actuellement. "On lui ferait immédiatement le reproche d'utiliser le conflit ukrainien à des fins de politique intérieure".
S'il considère qu'on ne peut pas reprocher à Emmanuel Macron "de laisser ouvert le canal" de discussion avec Poutine, il juge que "le dialogue pour le dialogue n'a pas de sens. Parler à Poutine, c'est devoir l'écouter pendant des heures en sachant qu'il ne fera rien de ce qu'il dit et ne dira rien de ce qu'il veut faire".
L'ex-président, qui a rencontré Vladimir Poutine a plusieurs reprises, juge qu'aujourd'hui le président russe "ne veut pas réellement négocier".
"Son objectif, aujourd'hui, est seulement de faire diversion et de gagner du temps", dénonce-t-il, estimant que "le mensonge est chez lui une seconde nature".
"Ses buts de guerre sont d'occuper la partie la plus large possible du territoire ukrainien, notamment dans l'Est, le Donbass, qui pourrait demain être intégré à la Fédération de Russie, et dans le Sud, en continuité avec la Crimée. Pour ensuite figer la situation militaire et organiser la séparation. C'est inacceptable", considère-t-il.
