Guerre en Ukraine : la situation sur le terrain au 50e jour

Les forces russes ont essuyé un revers important au 50e jour de la guerre, avec de sérieux dommages infligés au croiseur Moskva, le navire amiral de la flotte russe de la mer Noire, que l'Ukraine affirme avoir frappé avec des missiles de croisière.

Les combats se poursuivent par ailleurs dans l'est du territoire ukrainien, notamment la région du Donbass sur laquelle le Kremlin a décidé de concentrer ses efforts, ainsi que sur la ville portuaire de Marioupol (sud-est).

Voici un point de la situation, à partir d'éléments des journalistes de l'AFP sur place et de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

- Le Sud -

Le croiseur Moskva a été "gravement endommagé" mais n'a pas coulé, a annoncé le ministère russe de la Défense, selon lequel son équipage, soit plusieurs centaines de personnes, a été évacué. Moscou n'explique pas le sinistre, attribué par l'Ukraine à une frappe de ses missiles.

Les forces russes maintenaient la pression sur la ville portuaire de Marioupol, où Moscou affirme que plus de mille soldats ukrainiens se sont rendus. Les informations sur les "redditions en masse sont probablement fausses", estime de son côté l'Institut américain pour les études de la guerre (ISW).

L'Ukraine a annoncé jeudi une reprise des évacuations de civils via neuf couloirs humanitaires, notamment à partir de cette cité assiégée, après une journée de suspension due selon Kiev à des violations russes du cessez-le-feu.

Mais le maire de Marioupol a démenti la prise par les Russes du port, qui leur permettrait de consolider leurs gains territoriaux sur la bande côtière le long de la mer d'Azov, en reliant les régions du Donbass à la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014.

La défense ukrainienne "continue de fixer un nombre important de soldats russes" dans la ville, constate le ministère britannique de la Défense.

- L'Est -

Les bombardements se poursuivent dans l'est de l'Ukraine, où Kiev a appelé les civils a fuir au plus vite le Donbass, l'objectif prioritaire de Moscou.

Le Comité d'enquête russe a de son côté accusé l'Ukraine d'avoir effectué avec deux hélicoptères "au moins six frappes sur des immeubles d'habitation" dans un village russe frontalier, celui de Klimovo, dans la région de Briansk, faisant sept blessés.

Selon le gouverneur de la région russe de Belgorod, limitrophe de l'Ukraine, un deuxième village frontalier, Spodariouchino, a été bombardé par les Ukrainiens sans faire de victimes.

L'ISW fait état d'offensives russes mineures au sud de la ville d'Izioum en attendant un assaut massif dans les régions de Lougansk et de Donetsk.

- Kiev et le Nord -

L'armée russe menace de frapper des centres de commandement dans Kiev, que Moscou a renoncé pour l'heure à prendre.

Quatre civils ont été tués et au moins dix blessés dans des frappes russes mercredi sur Kharkiv (nord-est), selon le gouverneur de la région.

"Nous avons de bonnes raisons de penser que des crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis", a déclaré le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), le Britannique Karim Khan, au cours d'une visite à Boutcha, près de Kiev.

- Bilan humain -

Aucun bilan global récent des victimes civiles n'est disponible. Les autorités régionales du sud-est de l'Ukraine évaluent à au moins 20.000 le nombre des morts à Marioupol.

Kiev a aussi fait état de nombreux civils tués dans plusieurs endroits depuis le début de la guerre, en particulier dans les zones du nord un temps sous contrôle russe. Le Kremlin dément systématiquement exactions et frappes contre la population.

Sur le plan militaire, le Kremlin a récemment admis des "pertes importantes". Fin mars, Moscou avait reconnu la mort de 1.351 soldats pour 3.825 blessés. Certaines sources occidentales vont jusqu'à 12.000 morts.

Côté ukrainien, le dernier chiffre officiel date du 12 mars, avec "environ 1.300" militaires tués. Un bilan qui n'a plus aucun sens.

Trente Ukrainiens ont été libérés dans un nouvel échange de prisonniers avec la Russie, a annoncé jeudi Kiev, selon qui deux pilotes ukrainiens détenus en Russie ont par ailleurs été eux aussi remis en liberté.

- Réfugiés et déplacés -

Plus de 4,65 millions d'Ukrainiens ont fui leur pays depuis l'invasion déclenchée par le président russe Vladimir Poutine le 24 février, selon les derniers chiffres du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) mardi.

L'Europe n'a pas connu un tel flot de réfugiés depuis la Deuxième guerre mondiale.

L'ONU évalue par ailleurs à 7,1 millions le nombre des Ukrainiens déplacés par les combats à l'intérieur de leur pays.

Presque 12 millions de personnes, soit plus d'un quart de la population, ont donc dû quitter leur foyer.

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