Les combats font toujours rage dans l'est et le sud de l'Ukraine, mais une sorte de "normalisation" se met en place à Kiev, où sont revenus près des deux tiers des habitants et où les dirigeants européens multiplient les visites de soutien.
Voici un point de la situation à partir d'informations des journalistes de l'AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.
- Le Sud -
A Marioupol, ville martyre du sud-est du pays, "plus d'un millier" de militaires ukrainiens dont "des centaines de blessés" se trouvent toujours dans l'aciérie Azovstal assiégée par les troupes russes, a indiqué mardi à l'AFP la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.
"Il y a des blessés graves qui nécessitent une évacuation urgente", a-t-elle souligné.
Les civils qui étaient terrés avec les combattants ont été évacués la semaine passée avec l'aide de l'ONU.
Dans la région d'Odessa, grand port du sud sur la mer Noire relativement épargné jusqu'à présent, sept frappes de missiles ont fait un mort et cinq blessés lundi, selon les autorités ukrainiennes. Les frappes se sont produites pendant la visite à Odessa du président du Conseil européen Charles Michel.
- L'Est -
Les Russes "continuent de préparer des opérations offensives dans les régions de Lyman et Severodonetsk", dans le Donbass (est), a annoncé mardi matin l'état-major ukrainien, ajoutant que les tirs d'artillerie et les frappes aériennes se poursuivaient sur l'aciérie d'Azovstal à Marioupol.
"Des batailles très intenses se déroulaient autour de Roubijné et de Bilogorivka" dans la région de Lougansk (est), indiquait la veille le gouverneur Serguiï Gaïdaï.
- Kiev et sa région -
Près des deux-tiers des 3,5 millions d'habitants de Kiev sont revenus dans la capitale ukrainienne, qui s'était vidée de la majorité de ses résidents au début de l'invasion russe le 24 février, a indiqué mardi le maire Vitali Klitschko.
"Il y avait avant la guerre 3,5 millions d'habitants à Kiev, près des deux tiers sont déjà revenus", a déclaré M. Klitschko à la télévision ukrainienne.
Même s'il y a encore un couvre-feu, des barrages routiers, "si ces limitations ne vous font pas peur, vous pouvez effectivement revenir", a ajouté l'édile, qui jusqu'ici appelait les habitants à patienter.
Les visites de dirigeants se poursuivent par ailleurs dans la capitale et sa banlieue. La cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, et son homologue néerlandais Wopke Hoekstra étaient mardi en Ukraine, visitant notamment des villes de la banlieue de Kiev où les Ukrainiens accusent les Russes d'avoir massacré des civils pendant leur occupation de cette région en mars.
Mme Baerbock a commencé sa visite à Boutcha, en s'entretenant avec des résidents de cette localité du nord-ouest de la capitale ukrainienne, a constaté un journaliste de l'AFP.
Puis à Kiev, elle a annoncé la réouverture de l'ambassade de son pays. Fermée peu après l'invasion russe du 24 février, elle sera rouverte dans un premier temps "en présence minimale", a précisé Annalena Baerbock lors d'une conférence de presse avec son homologue ukrainien.
Le ministre des Affaires étrangères néerlandais, Wopke Hoekstra, était lui aussi en Ukraine, selon son compte Twitter, où des photos le montraient dans les rues d'Irpin, autre localité proche de Kiev où l'Ukraine accuse les Russes d'avoir massacré des civils en mars.
- après le Donbass, la Transdniestrie ? -
Vladimir Poutine n'a pas l'intention de limiter sa volonté d'occupation à la seule région du Donbass en Ukraine, mais veut porter le conflit à la Transdniestrie, région de Moldavie qui a fait sécession en 1990, a déclaré mardi la cheffe du renseignement américain, Avril Haines.
Le président russe, qui compte selon elle sur un essouflement du soutien occidental à l'Ukraine, se prépare à un long conflit, pour lequel il va "probablement" imposer la loi martiale en Russie, a précisé Mme Haines au Congrès.
"Nous continuons de penser que le président Poutine n'autorisera l'usage de l'arme nucléaire que s'il perçoit une menace existentielle pour l'Etat ou le régime russe", a-t-elle ajouté.
- Milliers de morts -
Il n'existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Rien qu'à Marioupol, les autorités ukrainiennes ont parlé il y a plusieurs semaines de 20.000 morts. Et les enquêteurs ukrainiens affirment avoir identifié "plus de 8.000 cas" présumés de crimes de guerre.
Sur le plan militaire, le ministère ukrainien de la Défense évalue les pertes russes à plus de 25.000 hommes, 199 avions et 1.130 chars depuis le début de l'invasion le 24 février.
Le Kremlin a admis des "pertes importantes". Certaines sources occidentales évoquent jusqu'à 12.000 soldats russes tués.
Le président Zelensky a déclaré qu'environ 2.500 à 3.000 soldats ukrainiens avaient été tués et quelque 10.000 blessés.
Aucune statistique indépendante n'est disponible.
- Millions de déplacés et réfugiés -
Plus de huit millions de personnes étaient déplacées à l'intérieur de l'Ukraine à la date du 3 mai, plus de deux mois après l'invasion du pays par la Russie, a annoncé mardi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Au total, l'OIM estime que 13,686 millions de personnes ont été forcées de fuir leur lieu de résidence à cause de l'attaque ordonnée par Vladimir Poutine le 24 février, dont 8,029 millions sont allés s'installer ailleurs en Ukraine, le restant ayant fui le pays.
