Joe Biden veut tenter de convaincre les Américains que son administration met tout en oeuvre pour faire baisser les prix sans faire ralentir l'activité économique, alors que l'inflation, au plus haut depuis 40 ans, comprime les porte-monnaie et réduit le pouvoir d'achat.
Le président démocrate doit présenter mardi à 11H30 (15H30 GMT) son "plan pour combattre l'inflation et réduire les coûts pour les familles de travailleurs".
A l'approche des élections de mi-mandat et avec une cote de popularité médiocre, Joe Biden doit rassurer les Américains peu convaincus par sa politique économique.
"Les États-Unis ont une santé économique plus solide que toute autre grande économie avancée dans le monde", a souligné mardi la Maison Blanche tout en reconnaissant que "dans le même temps, l'inflation est trop élevée et met à rude épreuve les familles de travailleurs".
"La principale priorité économique du président est de lutter contre l'inflation et de réduire les coûts pour les familles américaines - afin que nous puissions soutenir cette reprise économique historique d'une manière qui profite à tous les Américains", a-t-elle ajouté dans un communiqué.
Le sujet était déjà à son agenda lundi, avec des annonces sur une baisse des tarifs des abonnements internet.
Mais mardi, Joe Biden en profitera aussi pour attaquer l'opposition républicaine, en critiquant en particulier le programme économique récemment dévoilé par le sénateur républicain Rick Scott.
"Les républicains du Congrès, menés par le sénateur Rick Scott, ont appelé à un nouvel impôt minimum pour la classe moyenne - pompiers et professeurs - qui se traduirait par près de 1.500 dollars de moins en moyenne dans les poches des familles chaque année", a ainsi pointé du doigt la Maison Blanche dans le communiqué.
L'administration démocrate dénonce également un plan de mesures qui "menace d'éteindre des programmes" comme Medicare et Medicaid, qui offrent une assurance santé aux plus pauvres et aux plus âges.
Les chiffres de l'inflation en avril seront publiés mercredi, et la hausse des prix pourrait commencer à marquer le pas. Pour autant, elle resterait à des niveaux que les Etats-Unis n'avaient pas connus depuis le tout début des années 1980.
En mars, l'inflation s'était ainsi élevée à 8,5% sur un an, selon l'indice CPI, celui sur lequel sont indexées les retraites, notamment. La flambée des prix de l'essence et de l'alimentation avec la guerre en Ukraine y contribue pour beaucoup. Pour autant, sans ces deux postes de dépenses, l'inflation était encore de 6,5%.
- Rendre le crédit plus onéreux -
La banque centrale américaine, la Fed, a de son côté commencé à relever ses taux directeurs. Cela a pour effet de faire augmenter les taux d'intérêt des crédits que les banques commerciales accordent à leurs clients, et donc de ralentir la consommation et l'investissement.
Et la Fed devrait agir "rapidement pour ramener les taux directeurs à des niveaux plus normaux cette année", après avoir été au plus bas pendant la pandémie pour soutenir l'économie, a indiqué mardi le président de la Fed de New York, John Williams, lors d'une conférence en Allemagne de la Bundesbank et de la National Association for Business Economics (NABE).
C'est-à-dire les relever jusqu'aux alentours de 2 à 2,50%, contre 0,75% à 1% actuellement. La Fed les avait relevés d'un quart de point de pourcentage mi-mars, puis d'un demi-point de pourcentage supplémentaire le 4 mai, premier tour de vis de cette ampleur depuis 2000.
L'institution monétaire avait estimé que d'autres hausses d'un demi-point de pourcentage seraient sur la table lors des deux prochaines réunions, les 14-15 juin et les 26-27 juillet.
Selon John Williams, la Fed a "les bons outils pour atteindre (ses) objectifs".
"En fait, nous avons un avantage sur les précédents épisodes inflationnistes : nos outils de politique monétaire sont particulièrement puissants dans les secteurs mêmes où l'on observe les plus grands déséquilibres et signes de surchauffe, tels que les biens durables et le logement", a-t-il estimé.
