La junte birmane dénonce le sommet de Washington avec l’Asean

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La junte birmane a vanté vendredi la puissance de la Chine et dénoncé le sommet des Etats-Unis avec l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) à Washington où la Birmanie est représentée par une chaise vide.

« Dans la région Asie-pacifique, la Chine est un pays puissant », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la junte, Zaw Min Tun, ajoutant : « Notre pays a des relations avec des puissances comme la Chine et l’Inde ».

Il a accusé en revanche Washington de mener une politique de « deux poids, deux mesures » en conviant au sommet avec l’Asean des membres du « gouvernement d’unité nationale », un organe fantôme formé d’anciens élus politiques du parti de l’ex-dirigeante Aung San Suu Kyi qui fédère l’opposition à la junte.

Le président américain Joe Biden a accueilli jeudi les dirigeants des pays d’Asie du Sud-Est à Washington pour afficher l’engagement des Etats-Unis dans cette région face aux appétits croissants de la Chine.

Le principal conseiller du président américain pour l’Asie, Kurt Campbell, a expliqué que les Etats-Unis entendaient évoquer avec l’Indonésie, la Thaïlande, Singapour, la Malaisie, les Philippines, le Vietnam, le Cambodge, le Laos et Brunei les domaines de coopération comme la lutte contre le Covid-19.

Les Etats-Unis accusent l’armée de Birmanie d’avoir perpétré un « génocide » contre la minorité musulmane Rohingya, et ont multiplié les sanctions contre les dirigeants militaires du pays depuis leur putsch de février 2021.

La Chine, qui jouit d’une forte influence économique sur la Birmanie, a au contraire refusé jusqu’ici de qualifier l’action des militaires de « coup d’Etat ». Début avril, Pékin s’est engagé à soutenir la Birmanie « quelle que soit l’évolution de la situation ».

L’Asean est en première ligne pour tenter de trouver une issue diplomatique à la crise depuis ce coup d’Etat, mais ses efforts sont restés pour l’instant sans résultat, et le bloc régional a récemment exclu la junte birmane d’une réunion pour dénoncer l’absence de progrès.

L’Asean regroupe dix pays (Indonésie, Thaïlande, Singapour, Malaisie, Philippines, Vietnam, Birmanie, Cambodge, Laos et Brunei), dont plusieurs bordent la mer de Chine méridionale où se multiplient les frictions avec la Chine.

La Birmanie a sombré dans le chaos depuis le putsch des généraux. Plus de 1.700 civils ont été tués et près de 13.000 arrêtés d’après l’Association d’assistance aux prisonniers politiques, l’ONU dénonçant de « probables crimes de guerre et crimes contre l’Humanité ».