Sans information, pas de réconciliation

Crimes de guerre: un musulman de Bosnie extradé par les Etats-Unis

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Les autorités américaines ont extradé jeudi vers la Bosnie un ancien militaire musulman, Almaz Nezirovic, accusé par la justice de son pays d'avoir commis des crimes de guerre pendant le conflit intercommunautaire (1992-95) et qui avait émigré en 1997 aux Etats-Unis.

Nezirovic, 55 ans, un des rares musulmans à être inculpés par la justice bosnienne pour crimes de guerre, est soupçonné par le parquet local d'avoir commis ces délits contre des civils serbes dans un camp de détention dans la région de Derventa (nord), entre avril et juillet 1992, a indiqué le parquet bosnien.

Ce camp de détention avait été mis en place par les forces croates de Bosnie. Au début du conflit bosnien, certains musulmans rejoignaient les troupes croates dans cette région du pays.

Bien qu'alliés contre les Serbes, les Croates et les musulmans ont à leur tour été opposés dans un violent conflit pendant 17 mois en 1993 et 1994, notamment dans la région de Mostar (sud) et en Bosnie centrale.

Nezirovic est soupçonné d'avoir été gardien dans ce camp et d'avoir "torturé" des victimes et d'avoir "volontairement causé de grandes souffrances et des blessures sévères aux victimes de manière extrêmement violente", selon le communiqué.

Il a torturé "au moins 30 victimes, dont certaines étaient des personnes âgées".

Almaz Nezirovic a été inculpé en 2011 aux Etats-Unis pour avoir tenté d'obtenir d'une manière illégale la citoyenneté américaine.

En 1997, deux ans après la fin de la guerre en Bosnie, Nezirovic avait demandé le statut de réfugié aux Etats-Unis et y était parvenu. Il a ainsi pu entrer sur le sol américain en tant que réfugié et se porter candidat pour obtenir la carte verte de résident permanent et devenir un citoyen américain naturalisé.

Mais, selon l'accusation américaine, il avait menti en remplissant sa candidature sur son passé militaire.

La guerre de Bosnie a fait environ 100.000 morts et plus de deux millions de réfugiés et de déplacées, soit la moitié de la population bosnienne à l'époque.

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