Sans information, pas de réconciliation

20.09.14 - CPI/KENYATTA - LA CPI ORDONNE LA PRÉSENCE DU PRÉSIDENT KÉNYAN A UNE SÉANCE DE PRÉPARATION DE SON PROCÈS

Arusha, 20 septembre 2014 (FH) -  La Cour pénale internationale (CPI) a ordonné vendredi la présence du président kényan à une conférence de mise en état prévue le 8 octobre dans le cadre de son procès qui peine à démarrer, apprend-on samedi.

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Uhuru Kenyatta, qui clame son innocence, est poursuivi pour crimes contre l’humanité perpétrés dans son pays lors des violences qui avaient suivi les élections de fin 2007.Une autre conférence de mise en état est prévue le 7 octobre  mais cette dernière ne requiert pas la présence du chef de l’Etat, selon un communiqué du service de presse de la CPI. Son gouvernement devra néanmoins y être représenté.Durant les deux jours, les discussions porteront notamment sur « l'état de la coopération entre l’accusation et le gouvernement du Kenya », indique le communiqué.La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, accuse en effet les autorités kényanes de ne pas lui communiquer certains documents qu’elle estime pourtant nécessaires pour établir la responsabilité pénale de M. Kenyatta.Nairobi, pour sa part, affirme coopérer pleinement.Le 28 août dernier, la chambre avait ordonné à l’équipe de Mme Bensouda de déposer un avis confirmant ou pas si elle était en mesure de commencer le procès le 7 octobre, comme initialement programmé.Le 5 septembre, la procureure avait demandé d’ajourner le procès, arguant que le gouvernement du Kenya n’avait pas encore communiqué tous les documents demandés en avril.Dans sa réponse à la notification de l’accusation, cinq jours plus tard, les avocats du président Kenyatta avaient demandé à la chambre de mettre fin à la procédure, affirmant que le dossier de Mme Bensouda ne pouvait tenir la route.Cette affaire n’en est pas à son premier rebondissement.  Alors que l’ouverture du procès était attendue pour le 5 février dernier, la procureure Fatou Bensouda avait demandé un délai supplémentaire, le 19 décembre 2013, suite au retrait de témoins clés.Dans ce feuilleton judiciaire, l'accusation est confrontée non seulement au revirement de témoins  mais aussi à une forte pression de la part de certains dirigeants africains.Depuis l'élection d'Uhuru Kenyatta et de son vice-président William Ruto, l'Union africaine (UA) s'est mobilisée, soutenant que des personnalités de ce rang, encore en fonctions, ne devraient pas être poursuivies par la CPI. Ruto, qui est en procès depuis septembre 2013, a été dispensé de participation à certaines audiences. Reste à savoir si son patron, le président Kenyatta, fera le déplacement de La Haye pour la conférence de mise en état du 8 octobre.ER

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