Les enquêteurs de l'ONU chargés d'examiner les violations des droits humains dans les territoires palestiniens et en Israël ont dit jeudi espérer que le "Conseil de paix" nouvellement créé par Donald Trump leur ouvrirait les portes de Gaza.
Israël a jusqu'à présent refusé de donner un accès à cette Commission d'enquête internationale indépendante de l'ONU, qui l'a accusé en septembre de commettre un "génocide" à Gaza.
Le président américain Donald Trump a signé jeudi à Davos en Suisse la charte fondatrice du "Conseil de paix", initialement conçu pour superviser la reconstruction de Gaza suite à la guerre déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas, le 7 octobre 2023, contre Israël.
La commission d'enquête a été créée en 2021 par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU mais elle dispose depuis peu d'un nouveau président, Srinivasan Muralidhar. Lors de sa première conférence de presse jeudi à Genève, il a estimé que le nouveau "Conseil de paix" n'affecterait pas leur travail.
"Nous ne pouvons pas y trouver quelque chose qui puisse entraver le travail de cette commission", a-t-il déclaré. Les enquêteurs espèrent toutefois qu'Israël va désormais coopérer avec eux.
"Comme nous sommes une commission d'enquête indépendante, nous nous attendons à ce qu'ils nous fassent confiance pour mener notre investigation de la manière la plus professionnelle", a indiqué M. Muralidhar.
Ce juriste indien a expliqué avoir écrit aux autorités israéliennes et palestiniennes pour solliciter leur coopération.
La commission était auparavant présidée par la Sud-Africaine Navi Pillay, qui fut présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda et juge à la Cour pénale internationale (CPI). Les trois membres de la commission ont quitté leurs fonctions début novembre.
Pour les remplacer, le président du Conseil des droits de l'homme a notamment nommé, outre M. Muralidhar, la juge zambienne Florence Mumba, qui a été vice-présidente du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.
Il a également choisi de renommer l'avocat australien spécialisé en droits humains, Chris Sidoti.
La commission n'est pas une instance juridique mais ses rapports peuvent accroître la pression diplomatique et servent à recueillir des preuves que les tribunaux peuvent utiliser.
En septembre, la commission avait conclu dans son rapport que les autorités et forces de sécurité israéliennes avaient commis "quatre des cinq actes génocidaires" définis par la Convention de 1948 sur le génocide, à savoir "meurtre de membres du groupe; atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe; soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle; et mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe".

