Trois millions de Soudanais déplacés par la guerre sont rentrés chez eux, selon l'ONU

Plus de trois millions de Soudanais déplacés par près de trois ans de guerre sont rentrés chez eux, a indiqué lundi l'agence des Nations unies chargée des migrations, malgré la poursuite de violents combats dans certaines régions du pays.

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre dévastatrice opposant l'armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué une crise humanitaire majeure. Au plus fort des affrontements, environ 14 millions de personnes avaient été contraintes de fuir, à l'intérieur du pays comme à l'étranger.

Dans un rapport publié lundi, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime à quelque 3,3 millions le nombre de Soudanais revenus à fin novembre 2025.

Cette accélération des retours intervient après une vaste offensive lancée fin 2024 par l'armée pour reprendre des régions du centre tombées aux mains des FSR. La campagne s'est conclue par la reprise de Khartoum en mars 2025, incitant de nombreuses familles à rentrer.

Selon l'OIM, plus des trois quarts des personnes revenues étaient déplacées à l'intérieur du pays, tandis que 17% sont rentrées depuis l'étranger.

Khartoum a enregistré le plus grand nombre de retours - environ 1,4 million de personnes -, suivie par l'Etat d'Al-Jazira, où près de 1,1 million de personnes sont revenues.

Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement allié à l'armée avait annoncé son intention de revenir dans la capitale après près de trois ans d'activité depuis Port-Soudan, ville de la mer Rouge située dans l'est du pays. Des travaux de reconstruction ont été engagés dans la capitale depuis sa reconquête.

Si Khartoum et plusieurs villes tenues par l'armée dans le centre et l'est du pays connaissent un relatif reflux des combats, les FSR continuent de mener des frappes de drones sporadiques, visant notamment des infrastructures.

Ailleurs, les combats font rage: dans le sud, les paramilitaires ont progressé plus avant dans la région du Kordofan après s'être emparés, en octobre dernier, du dernier bastion de l'armée au Darfour.

Des informations faisant état de tueries de masse, viols, enlèvements et pillages ont émergé après la prise d'El-Facher par les paramilitaires, et la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête formelle sur des "crimes de guerre" commis par les deux camps.

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.
Poursuivez la lecture...