Le gouvernement du Soudan du Sud a insisté mardi sur le fait qu'il n'est "pas en guerre", après plusieurs semaines de violents combats qui ont déplacé plus de 180.000 personnes dans le nord du plus jeune pays du monde.
Les affrontements ont éclaté fin décembre dans l'État de Jonglei, entre l'armée sud-soudanaise, obéissant au président Salva Kiir, et des forces loyales à l'ancien vice-président Riek Machar, arrêté fin mars.
"L'opération de sécurité en cours dans le nord de l'État de Jonglei est une mesure légitime et nécessaire visant à stopper l'avancée des forces rebelles, à rétablir l'ordre public et à protéger les civils", s'est défendu le ministre de l'Information, Ateny Wek Ateny, lors d'une conférence de presse à Juba.
"Le pays n'est pas en guerre. Nous ne faisons que stopper l'avancée des forces d'opposition", a-t-il martelé.
MM. Kiir et Machar se sont affrontés entre 2013 et 2018 lors d'une guerre civile. L'accord de paix qui a suivi le conflit qui avait fait 400.000 morts entre 2013 et 2018 s'est effrité au cours de l'année écoulée mais "n'a pas échoué", a insisté M. Ateny.
M. Machar a pourtant été exclu du gouvernement de partage du pouvoir et est jugé pour "crimes contre l'humanité".
Depuis fin décembre, ses forces contrôlent des portions de l'État de Jonglei, provoquant une violente riposte du gouvernement, notamment l'utilisation "aveugle" de barils d'explosifs dans des zones civiles, selon des témoins et des ONG contactés par téléphone par l'AFP.
Le chef de l'armée, Paul Majok Nang, a demandé la semaine dernière à ses troupes déployées dans la région "d'écraser" sous sept jours la rébellion.
Un général de haut rang, Johnson Olony, a été filmé en train d'ordonner à ses troupes de "n'épargner personne" à Jonglei. Selon M. Ateny, il "pouvait s'agir d'un lapsus".
Les autorités sud-soudanaises estiment à plus de 180.000 le nombre de personnes déplacées dans l'État de Jonglei, a indiqué l'ONU la semaine dernière.
Dimanche, des experts indépendants mandatés par l'ONU ont mis en garde face au risque de "violences massives contre les civils" et d'un "conflit ethnique généralisé" dans le pays.
Face aux informations faisant état de blocages de l'accès humanitaire, des ONG comme Médecins sans frontières (MSF) affirment avoir eu du mal à approvisionner leurs équipes à Jonglei, ce qui a entraîné des pénuries "catastrophiques".

