Les résultats officiels des élections législatives organisées par la junte en Birmanie, annoncés vendredi, ont confirmé la victoire du principal parti pro-militaire, qui a remporté quatre sièges sur cinq au cours de ce scrutin qui s'est achevé dimanche dernier.
Le Parti de l'union, de la solidarité et du développement (PUSD), a remporté un total de 339 sièges sur les 420 des deux chambres du parlement, soit un peu plus de 80%, selon les résultats de la commission électorale compilés par l'AFP.
Le scrutin, qui s'est déroulé en trois phases en décembre et en janvier, avait été annulé dans des dizaines de circonscriptions en raison de la guerre civile qui déchire le pays depuis le coup d'Etat des militaires de 2021.
En outre, aux termes de la constitution, un quart des sièges de chaque chambre ne sont pas pourvus par des élections, mais sont réservés à des membres des forces armées.
La victoire écrasante du PUSD lui confère une majorité et le droit de désigner unilatéralement le président lors de la session parlementaire de mars. Le chef de la junte, Min Aung Hlaing, n'a pas exclu la possibilité de démissionner de son poste de général en chef afin d'endosser ce rôle civil.
De nombreux analystes décrivent le PUSD, qui comprend de nombreux anciens hauts gradés de l'armée, comme un relais politique de la junte qui a organisé les élections de manière à donner à son régime une apparence de légitimité civile.
"L'armée cherche à renforcer son pouvoir exercé par la violence après avoir obligé les gens à voter", a estimé vendredi dans un communiqué le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Volker Turk.
"On ne pourrait pas être plus éloigné d'un régime civil", a-t-il ajouté.
Alors que la junte a présenté ces élections comme une opportunité de réconciliation, les groupes rebelles armés les ont jugées illégitimes, et les observateurs estiment qu'elles ont peu de chance de mettre fin à la guerre civile.
L'armée a mené avant les élections une offensive dévastatrice, marquée par des attaques que des organisations de défense des droits de l'homme soupçonnent d'avoir été accompagnées de crimes de guerre. Les élections ont été annulées dans une municipalité sur cinq en raison des combats.
Dans les territoires contrôlés par la junte, toute dissidence a été réprimée, de nouvelles lois punissant toute critique des élections de peines pouvant aller jusqu'à dix ans de prison.
Les partis qui avaient remporté 90% des sièges en 2020 ont disparu de la scène électorale, a souligné le Réseau asiatique pour des élections libres (Asian Network for Free Elections).

