A coups d'arrestations et de fausses accusations, les autorités iraniennes ont récemment intensifié les persécutions contre la communauté bahaïe, utilisée plus que jamais comme "bouc émissaire", ont dénoncé mardi des représentants de la plus grande minorité religieuse non musulmane d'Iran.
La République islamique considère les bahaïs comme des hérétiques et des "espions" liés à Israël, où se situe leur siège mondial historique, à Haïfa.
Mi-janvier, les autorités avaient annoncé l'arrestation de membres de cette minorité, actifs selon elles "dans les émeutes" lors de la vague de contestation contre le pouvoir.
Et depuis une semaine, la télévision d'Etat diffuse de "fausses accusations" contre les bahaïs, ainsi que les "aveux forcés" de deux de ses membres arrêtés, dénonce la Communauté internationale bahaïe (BIC) dans un communiqué.
La BIC, qui défend la minorité auprès de l'ONU, se dit "inquiète" face à "l'escalade majeure" de la campagne du gouvernement iranien contre les bahaïs, qui servent de "bouc émissaire en cette période de crise nationale".
Des informations circulent sur une hausse des arrestations de membres de cette communauté à travers le pays, ajoute-t-elle sans pouvoir donner de chiffre.
L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA) a avancé mardi un nombre global de plus de 50.000 personnes arrêtées en Iran durant et après les récentes manifestations contre le pouvoir.
L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch avait déclaré en 2024 que la persécution des bahaïs en Iran depuis l'avènement de la République islamique en 1979 constituait un "crime de persécution contre l'humanité".
Quelque 200 bahaïs avaient été exécutés au lendemain de la Révolution. Leur degré de persécution a connu des degrés divers au fil des décennies, atteignant toutefois un pic ces dernières années, selon la communauté.
On ignore combien de membres cette minorité résident en Iran, mais leurs soutiens pensent qu'ils pourraient être encore plusieurs centaines de milliers.
Les bahaïs suivent les enseignements de Bahaullah, né en Iran en 1817, qu'ils considèrent comme un prophète et le fondateur de ce culte monothéiste.
Contrairement à d'autres minorités non musulmanes telles que les Arméniens, les Juifs et les zoroastriens, les bahaïs ne bénéficient pas d'une reconnaissance de leur foi dans la Constitution iranienne et ne disposent d'aucun siège réservé au Parlement.

