Le procès de l'attaque de Banjska, en septembre 2023 dans le nord du Kosovo, est entré lundi dans sa dernière phase avec les plaidoiries de la défense qui a affirmé l'innocence des trois accusés - trois Serbes poursuivis pour "préparation et commission d'actes terroristes".
En septembre 2023, un commando d'hommes surarmés emmené par le Serbe Milan Radoicic avait tué un policier, puis pris refuge dans le monastère de Banjska et échangé d'intenses tirs avec la police, avant de prendre la fuite en Serbie. Trois d'entre eux étaient mort dans l'opération.
Au total, 45 personnes ont été inculpées, mais seuls les trois accusés sont jugés depuis janvier 2026, la cour à Pristina ayant refusé de juger les autres par contumace.
Le parquet a demandé la réclusion à perpétuité pour tous les trois.
Selon l'acte d'accusation consulté par l'AFP, ils sont accusés d'"avoir agi selon un plan bien organisé" visant à faire sécession des municipalités à majorité serbe du nord du Kosovo et à les rattacher à la Serbie. Celle-ci n'a jamais reconnu l'indépendance du Kosovo - déclarée en 2008.
"Il n'y a aucune preuve que les accusés avaient l'intention de commettre les actes qui leur sont reprochés", a plaidé l'un des avocats de la défense Ljubomir Pantovic, tandis que son confrère, Milos Delevic a fustigé "une atmosphère qui a fait des accusés des coupables avant même le jugement".
"Vous ne pourrez faire autre chose que de les acquitter", a conclu la troisième avocate, Jovana Filipovic.
L'acte d'accusation affirme également que Milan Radoicic a comploté avec la Serbie pour s'emparer du nord du Kosovo et qu'il aurait reconnu, interrogé par les autorités serbes, avoir dirigé le commando.
M. Radoicic, ancien vice-président du plus grand parti serbe du Kosovo, Srpska lista, est par ailleurs visé par un mandat d'arrêt pour crimes de guerre pendant le conflit qui a opposé la guérilla indépendantiste kosovare et la Serbie à la fin des années 1990.
La guerre, qui a fait 13.000 morts, en majorité des civils kosovars albanais, a pris fin après une campagne de bombardements de l'OTAN ayant contraint l'armée et la police serbes à se retirer du territoire.
Le verdict est attendu vendredi 24 avril.

