La Chine s'est dite mardi "inquiète" devant la levée par le Japon de ses dernières barrières à l'exportation d'armes, et a assuré qu'elle résisterait à une "militarisation inconsidérée" de ce dernier.
"La Chine est très inquiète" de cette décision, a déclaré un porte-parole des Affaires étrangères, Guo Jiakun. "La communauté internationale, y compris la Chine, restera extrêmement vigilante sur le sujet et résistera fermement à une militarisation inconsidérée et d'un nouveau genre de la part du Japon", a-t-il dit lors d'un point presse régulier.
Le gouvernement japonais a annoncé mardi un assouplissement des règles d'exportations d'armements en vigueur depuis des décennies, ouvrant la voie à la vente d'armes létales à l'étranger par ce pays à la tradition profondément pacifiste depuis 1945.
Le Japon et la Chine entretiennent des rapports historiquement délicats ou conflictuels marqués par le souvenir des atrocités commises par l'armée japonaise notamment pendant la guerre sino-japonaise de 1937-1945.
Les relations se sont à nouveau tendues en novembre quand la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, aux positions ultra-nationalistes, a laissé entendre que son pays pourrait réagir militairement à une attaque contre Taïwan, île dont Pékin revendique la souveraineté.
"La remilitarisation accélérée du Japon est une réalité, matérialisée par une trajectoire et des actions concrètes", a dit Guo Jiakun.
La Chine a par ailleurs "protesté fermement" auprès des autorités japonaises contre l'offrande rituelle faite par la Première ministre au sanctuaire de Yasukuni, a dit Guo Jiakun.
Ce sanctuaire shinto de Tokyo rend hommage aux quelque 2,5 millions de soldats morts lors des conflits menés par le Japon, mais il honore aussi la mémoire d'officiers et hommes politiques japonais condamnés pour crimes de guerre par un tribunal international après la Seconde Guerre mondiale. Il cristallise régulièrement l'indignation de Pékin.
Mme Takaichi ne s'est pas rendue en personne au sanctuaire, selon des médias et une source proche du dossier.
"Le sanctuaire Yasukuni constitue un instrument spirituel et un symbole des guerres d'agression déclenchées par le militarisme japonais. Il fait en réalité office de sanctuaire pour les criminels de guerre", a dit Guo Jiakun.
"Les initiatives négatives de la partie japonaise autour du sanctuaire de Yasukuni visent, par essence, à la soustraire à sa propre responsabilité criminelle, elles constituent une profanation de la justice historique, une provocation à l'encontre des pays ayant souffert de (l')agression" japonaise, a dit Guo Jiakun.

