Le Danemark visé par une plainte de huit personnes adoptées de Corée du Sud

Huit personnes adoptées de Corée du Sud dans les années 1970 et 1980 ont porté plainte contre l'Etat danois pour violation de leurs droits, principalement le droit à l'identité, aux origines et à la vie familiale, a annoncé lundi leur avocat.

Ces Danois, adoptés très jeunes, estiment que les autorités danoises n'ont pas assumé leur responsabilité de les protéger et réclament chacune 250.000 couronnes (33.450 euros) de dédommagement - représentant au total deux millions de couronnes.

Les plaignants se réfèrent à l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme sur le respect de la vie privée et familiale.

"L'Etat (danois) a une obligation de s'assurer que les enfants ont légalement le droit d'être adoptés de leur famille d'origine et ça n'a clairement pas été le cas", a expliqué à l'AFP l'avocat des plaignants, Viktor Kieler Herskind.

"Il doit aussi activement enquêter" sur le processus d'adoption dans le pays d'origine, a-t-il insisté, déplorant que les gouvernements danois aient été au courant des conditions fumeuses ayant cours en Corée du Sud, qui a envoyé à l'étranger plus de 140.000 enfants à des fins d'adoption entre 1955 et 1999, selon des données officielles.

En octobre, le pays asiatique avait reconnu pour la première fois sa responsabilité dans des dizaines de milliers d'adoptions abusives d'enfants sud-coréens à l'international.

Plus tôt en 2025, la Commission vérité et réconciliation de Corée du Sud avait estimé dans ses conclusions que le gouvernement sud-coréen était coupable d'avoir facilité les adoptions par des pratiques frauduleuses, notamment des "enregistrements frauduleux d'orphelins, des falsifications d'identité et un contrôle inadapté des parents adoptifs".

Son rapport, publié au terme de deux ans et sept mois d'enquête, fait également état "de nombreux cas où les procédures légales de consentement" des parents biologiques sud-coréens "n'ont pas été respectées".

Pour M. Kieler Herskind, le Danemark n'a lui non plus pas respecté le droit des enfants adoptés à maintenir le contact avec leurs origines.

Quelques plaintes similaires ont été déposées à travers le monde mais rares sont les procès ayant abouti.

En 2022, les Pays-Bas avaient été condamnés à verser des dommages et intérêts à une femme née au Sri Lanka en 1992 pour avoir agi "illégalement" lors de son adoption par des Néerlandais.

De nombreuses révélations de graves défaillances dans les processus d'adoption internationale ont amené le royaume scandinave à les geler en 2024.

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