La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a indiqué vendredi avoir demandé des explications à l'Italie pour avoir laissé rentrer dans son pays un ancien haut responsable libyen recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre.
Osama Almasri Najim, ancien chef de la police judiciaire à Tripoli et responsable du centre de détention de Mitiga, fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis depuis le 15 février 2015.
Arrêté en janvier 2025 dans un hôtel de Turin (nord de l'Italie) peu après l'émission de ce mandat, il avait été libéré deux jours plus tard sur ordre de la cour d'appel de Rome pour vice de procédure et immédiatement expulsé vers Tripoli à bord d'un avion affrété par l'État italien.
Son renvoi en Libye, où il a été arrêté et placé en détention en novembre 2025, avait causé une vive polémique politique en Italie et suscité la consternation au sein de la CPI.
La CEDH, saisie par deux migrants qui dénoncent des actes de torture dans des centres qu'il dirigeait, indique dans un communiqué avoir demandé vendredi des explications à Rome sur ce rapatriement.
Les deux requérants, un Soudanais et une Ivoirienne, ont estimé que son retour en Libye et l'épuisement des procédures judiciaires en Italie dans cette affaire bafouait leurs droits fondamentaux, notamment leur droit à la vie et l'interdiction de la torture.
Sollicité par l'AFP, le gouvernement italien n'a pas souhaité faire de commentaires.

