L'ex-président brésilien Juscelino Kubitschek, mort en 1976, n'a pas succombé à un simple accident de la route mais été assassiné par la dictature militaire de l'époque, selon les conclusions d'une commission d'enquête spéciale.
Dans son rapport de près de 1.300 pages rendu jeudi, la Commission spéciale sur les morts et disparus politiques brésilienne affirme que l'ancien dirigeant a été la cible d'un coup monté, contredisant la version officielle de l'époque.
"La mort de Kubitschek a été provoquée par la persécution politique menée par l'Etat brésilien durant la dictature", a indiqué cet organisme public chargé de faire la lumière sur le sort des victimes du gouvernement militaire (1964-1985).
M. Kubitschek, président libéral (1956-1961), est considéré comme l'un des dirigeants les plus populaires de l'histoire du Brésil. Il était une figure de la lutte contre la dictature et pour la démocratie. Son nom rejoindra ceux de 434 autres personnes sur la liste officielle des morts et disparus de la dictature.
Le 22 août 1976, il se rendait à Rio de Janeiro depuis Sao Paulo quand son chauffeur a perdu le contrôle de son véhicule et heurté de front un camion sur la voie opposée.
Selon la version de l'époque, un autocar aurait percuté l'arrière de la voiture de l'ex-président avant cela, provoquant ainsi l'accident présumé.
Mais la Commission, se basant sur près de 700 éléments de preuve, assure que ce scénario ne s'est "jamais produit". Elle insiste sur les menaces de mort dont M. Kubitschek faisait l'objet et la "destruction délibérée, intentionnelle et continue de preuves pendant des années" sur cette affaire.
L'organisme pense que le chauffeur de l'ex-président a pu être mis sous sédatif lors d'une escale dans un hôtel détenu par un entrepreneur proche de la dictature.
Le Brésil n'a jamais jugé au pénal les crimes contre l'humanité commis sous la dictature.

