Le président philippin Ferdinand Marcos a exhorté mercredi les sénateurs à "se remettre au travail" après que les soutiens de la vice-présidente Sara Duterte ont déserté leurs postes, avant son procès en destitution prévu le mois prochain.
Les sénateurs pro-Duterte, qui n'ont plus la majorité, ont boycotté les sessions cette semaine.
Un de leurs membres a été arrêté pour corruption et un autre, l'ancien chef de la police du temps du président Rodrigo Duterte, Ronald Dela Rosa, est en fuite pour échapper à une arrestation et son transfert à la Cour pénale internationale (CPI).
"Le pouvoir législatif est en pleine débâcle", s'est plaint M. Marcos aux journalistes. "Remettez-vous au travail, car c'est important: nous avons beaucoup à faire", a-t-il asséné, au moment où les Philippines cherchent à lutter contre les hausses des prix du carburant liées à la guerre au Moyen-Orient.
Les alliés de Sara Duterte disposaient auparavant d'une majorité de 13 sénateurs sur 24, largement suffisante pour lui épargner un vote de destitution, nécessitant les deux tiers des voix.
Fin avril, une commission du Congrès philippin a trouvé des motifs suffisants pour engager une procédure de destitution à l'encontre de la vice-présidente et dans la foulée, la Chambre des représentants a voté la mise en accusation de Mme Duterte pour des faits présumés de malversations et corruption, ainsi que pour menace de mort à l'encontre du président Ferdinand Marcos.
Un verdict de culpabilité entraînerait la destitution de Mme Duterte et son inéligibilité à vie, alors qu'elle s'est déclarée candidate à l'élection présidentielle de 2028.
Aujourd'hui, il reste seulement onze sénateurs pro-Duterte depuis que Jose "Jinggoy" Estrada a été arrêté lundi soupçonné d'avoir empoché plus de 9,2 millions de dollars de pot-de-vins, et le Sénat philippin se trouve dans l'impasse avec onze sénateurs de chaque bord.
Le président du Sénat pro-Duterte, Alan Peter Cayetano, a défendu le boycott en arguant que l'institution était "tenue à la gorge" et que les membres de la majorité se faisaient éliminer.
Le procès en destitution de la vice-présidente est censé commencer au Sénat le 6 juillet.

