La crise des droits humains s'est "aggravée" au Niger, dénonce Human Rights Watch

La crise des droits humains s'est "aggravée" au Niger depuis l'arrivée d'un régime militaire au pouvoir il y a presque trois ans jour pour jour, a dénoncé jeudi l'ONG Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué.

Le Niger est dirigé depuis le 26 juillet 2023 par une junte issue d'un coup d'État ayant renversé le président élu Mohamed Bazoum, détenu depuis lors avec son épouse Hadiza.

L'immense pays sahélien est par ailleurs confronté depuis une décennie aux attaques meurtrières de jihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique, qui ont fait des milliers de morts dans le pays.

"Trois ans après le coup d'État, la junte nigérienne a élargi ses attaques contre les droits humains", juge Ilaria Allegrozzi, chercheuse sur le Sahel à Human Rights Watch, citée dans le communiqué.

HRW accuse notamment la junte d'avoir "établi un régime autoritaire, démantelé les institutions démocratiques et intensifié la répression".

Depuis son arrivée au pouvoir, le régime "a consolidé des pouvoirs étendus et incontrôlés, affaiblissant systématiquement les institutions susceptibles de demander des comptes aux autorités militaires", regrette HRW.

L'ONG rappelle les nombreuses mesures répressives prises par les militaires contre les libertés et les droits humains: dissolution des partis politiques et des syndicats indépendants, suspension de dizaines d'organisations de la société civile, détention de journalistes, criminalisation des relations homosexuelles...

L'organisation dénonce également le prolongement de la transition politique par les militaires, "sans aucune perspective d'élections démocratiques".

L'année dernière, la junte a annoncé qu'elle pourrait rester au moins cinq ans de plus au pouvoir.

HRW évoque aussi la situation sécuritaire dans le pays qui continue, selon elle, de "se dégrader", accusant notamment les forces nigériennes de mener souvent des opérations de contre-insurrection violentes en réponse aux attaques jihadistes.

Selon l'ONG, une frappe de drone de l'armée nigérienne en janvier a tué au moins 17 civils sur un marché bondé dans l'ouest du Niger.

HRW a aussi fustigé le retrait du Niger de la Cour pénale internationale (CPI), qui "reflète une volonté plus large de la junte de restreindre les possibilités de responsabilisation au niveau régional et international", dit-elle.

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