Des milliers de personnes se sont rassemblées vendredi à travers le Kosovo pour protester contre la condamnation récente de l'ex-président Hashim Thaci à 25 ans de prison pour crimes de guerre par un tribunal spécial à La Haye.
D'anciens combattants de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) ont appelé à des manifestations dans neuf villes, élargissant au-delà de la capitale Pristina les manifestations qui ont eu lieu tous les soirs depuis la condamnation de M. Thaci, le 16 septembre, pour des crimes commis pendant la guerre pour l'indépendance du Kosovo de la Serbie dans les années 1990.
Les manifestants ont crié le nom de l'UCK et dénoncé la détention de M. Thaci, l'un de ses fondateurs. Nombre d'entre eux portaient des uniformes militaires et agitaient des drapeaux rouge et noir de l'UCK.
"Je suis venu de Suisse pour participer à ces manifestations", a déclaré un ancien membre de l'UCK Bajram Shala dans un rassemblement à Ferizaj (sud). "C'est une tache sur l'histoire de la nation."
Les Chambres spécialisées sur le Kosovo ont déclaré M. Thaçi, ancien chef politique de l'Armée de libération du Kosovo, ainsi que trois autres co-accusés, coupables de crimes commis par cette guérilla pendant la guerre contre les forces serbes, et immédiatement après ce conflit, en 1998 et 1999.
Beaucoup au Kosovo estiment le verdict injuste voyant dans l'UCK la guérilla qui a combattu l'oppression de la Serbie.
Les manifestants accusent la cour - créée en vertu de la loi kosovare mais basée à La Haye - de partialité politique et critiquent son utilisation de preuves fournies par la Serbie, qui ne reconnaît pas l'indépendance du Kosovo.
"Nous nous opposons au verdict de la cour contre nos héros", a déclaré le maire de Drenas, Ramiz Lladrovci, à une foule réunie dans cette ville du centre du Kosovo. "Nous demandons aux institutions de venir à la défense de nos héros."
Trois autres figures de la guerre de l'indépendance ont aussi été condamnées, Jakup Krasniqi à 25 ans de prison, Kadri Veseli 18 et Rexhep Selimi 13 ans. Tous ont annoncé leur intention de faire appel.
Le gouvernement kosovar avait condamné le verdict, le Premier ministre, Albin Kurti, le qualifiant d'"inacceptable" et promettant de soutenir les condamnés pendant la procédure d'appel.

