L'organe directeur de la Cour pénale internationale (CPI) a exprimé mercredi ses regrets suite à l'annonce du retrait de Nauru, intervenue alors que les États-Unis accentuent la pression sur les pays pour qu'ils quittent l'institution.
Le président de Nauru, David Adeang, a déclaré la semaine dernière à l'Assemblée générale des Nations unies que son île du Pacifique entendait quitter la CPI, qu'il a qualifiée de "de plus en plus insignifiante".
Lors de cette même assemblée, le président américain Donald Trump avait exhorté tous les États membres de la cour de La Haye à se retirer de cette instance, qu'il a accusée d'être "hors de contrôle".
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a promis de démanteler "brique par brique" la cour. Il a qualifié la juridiction de "menace intolérable pour la souveraineté américaine".
L'Assemblée des États parties à la CPI, organe représentant ses 125 États membres actuels, a déclaré dans un communiqué avoir "pris note de la situation avec préoccupation".
"Les décisions des États Parties de se retirer du Statut de Rome (traité fondateur de la CPI) risquent de compromettre la poursuite collective de la justice et d'affaiblir les efforts mondiaux visant à mettre fin à l'impunité", selon ce communiqué.
Un délai d'un an est nécessaire après la demande officielle de retrait pour que celui-ci devienne effectif.
Le Burundi et les Philippines ont déjà quitté la CPI. La Hongrie avait annoncé son retrait sous l'ancien Premier ministre Viktor Orbán, avant de revenir sur sa décision.
Plus récemment, le Tchad, le Venezuela, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont tous annoncé leur intention de quitter la cour. Ces retraits prendront effet l'année prochaine.
La CPI a pour mission de poursuivre les individus accusés de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité ou de génocide, lorsque leurs États n'ont pas les ressources ou la volonté de le faire eux-mêmes.
La cour a suscité la colère de Donald Trump en émettant un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un proche allié du président américain.
Washington a imposé une série de sanctions à l'encontre de responsables de la CPI et a menacé de sanctionner l'institution tout entière, ce qui limiterait considérablement son fonctionnement.

