États-Unis : l'inflation est restée élevée en août, à 3,4% sur un an

Les prix ont augmenté de 3,4% sur un an en août aux États-Unis, selon l'indice PCE publié mercredi, plus modéré qu'attendu mais seulement en raison de révisions statistiques.

Les investisseurs s'attendaient à ce que cet indice, privilégié par la banque centrale américaine (Fed) pour surveiller l'inflation, progresse de 3,7% en août, comme en juillet.

Mais c'était sans prendre en compte une révision de la série statistique, due à un changement méthodologique. L'évolution de juillet a ainsi été réévaluée en baisse, à 3,4% sur un an. Le mois d'août est donc resté sur cette lancée, ni mieux, ni pire.

L'indice des prix à la consommation (CPI) pour août, publié une vingtaine de jours avant, faisait aussi état d'une progression de 3,4% sur un an.

La Réserve fédérale des États-Unis (Fed), qui a fait du PCE sa jauge de référence, vise une hausse des prix limitée à 2%, objectif manqué depuis plus de cinq ans.

"L'inflation est un peu plus proche de l'objectif que dans le rapport précédent, mais cela tient à la manière dont elle est mesurée, et non à son évolution" propre, souligne Bill Adams, économiste pour l'établissement Fifth Third Commercial Bank.

"Le baromètre a évolué. Le problème d'inflation est resté le même", abonde Diane Swonk, économiste pour le cabinet KPMG.

"Cela n'a pas changé la réalité quotidienne des consommateurs", ajoute-t-elle.

Elle note que la Fed avait anticipé ces révisions et a "tout de même relevé ses taux" en septembre pour contrer l'inflation.

Il s'agissait du premier resserrement monétaire depuis l'été 2023. Les marchés financiers se demandent si la banque centrale continuera de serrer la vis lors de sa prochaine réunion, fin octobre, ou attendra un peu.

Le coût de la vie est au coeur du débat public aux États-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, le 3 novembre, cruciales pour le parti républicain du président Donald Trump.

Mme Swonk rappelle que, depuis août, les prix à la pompe ont fortement grimpé aux États-Unis, ce qui "affectera directement l'inflation" de septembre.

La progression la plus spectaculaire concerne le diesel, le carburant des poids lourds et tracteurs.

"Cela entraîne une hausse des coûts dans les secteurs du transport, de l'agriculture et de la construction. Ces coûts (...) sont répercutés dans le prix des aliments, des produits et des frais de livraison", prévient l'économiste.

Pour l'heure, les données montrent que les Américains continuent néanmoins de consommer et d'investir (la croissance des États-Unis au deuxième trimestre a été nettement révisée à la hausse mercredi) - au risque d'une surchauffe.

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