La Première ministre japonaise Sanae Takaichi devrait adopter un ton conciliant à l'égard de la Chine dans un discours de politique générale prévu lundi au Parlement, et qualifier Pékin de "voisin important", selon des médias locaux.
Elle devrait également s'engager à mettre en place un plan contre le déclin démographique, qu'elle qualifiera de "crise nationale progressant silencieusement", a rapporté l'agence de presse Kyodo, citant des sources gouvernementales anonymes.
Malgré une cote de popularité exceptionnellement élevée un an après son arrivée au pouvoir, la Première ministre fait face à plusieurs défis, notamment la hausse de l'inflation, les inquiétudes des marchés concernant l'endettement croissant du Japon et une brouille diplomatique avec la Chine depuis des déclarations l'an dernier au sujet de Taïwan.
Son discours de politique générale intervient après que le chef de la diplomatie chinoise a déclaré la semaine dernière que les relations avec Tokyo "attendaient d'être à nouveau normalisées", lors d'une rencontre à Pékin avec un ancien ministre japonais des Affaires étrangères.
Sanae Takaichi devrait assurer lundi qu'elle entend bâtir une relation constructive et stable avec Pékin, qualifiant la Chine de "voisin important", a rapporté la chaîne TV Asahi, citant une première version du discours.
Les tensions de longue date entre les deux pays se sont aggravées depuis que Mme Takaichi a suggéré en novembre que le Japon pourrait intervenir militairement en cas de conflit autour de Taïwan, île dont Pékin revendique la souveraineté.
Son discours comprendra également un engagement à soutenir la Cour pénale internationale après que les Etats-Unis ont imposé en août des sanctions à sa présidente japonaise, Tomoko Akane, selon des médias.
Elle réaffirmera également son engagement en faveur d'une politique budgétaire "proactive" et "responsable", alors que son programme d'expansion des dépenses publiques inquiète les marchés.
La session parlementaire, qui se poursuivra jusqu'en décembre, examinera notamment des projets de loi prévoyant de réduire pendant deux ans la taxe sur la consommation appliquée à l'alimentation afin d'atténuer les effets de l'inflation sur les ménages japonais.

