20.11.08 - RWANDA/FRANCE - MISE EN EXAMEN DE ROSE KABUYE EN FRANCE

PARIS, 20 novembre 2008 (FH) - La responsable du protocole du chef de l'Etat rwandais, Rose Kabuye, a été mise en examen mercredi soir à Paris pour "complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste" dans le cadre de l'enquête française sur l'attentat contre le président rwandais Juvénal Habyarimana, et remise en liberté sous contrôle judiciaire.
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Le juge des libertés et de la détention, saisi par le juge d'instruction qui souhaitait l'incarcération de cette proche du président Paul Kagame, a suivi les réquisitions du parquet de Paris qui souhaitait le maintien en liberté sous contrôle judiciaire. Il lui est notamment interdit de quitter le territoire français.

Ses avocats Me Lev Forster et Bernard Maingain ont vu dans ce maintien en liberté "une décision tout à fait raisonnable qui permettra à l'enquête de prospérer utilement normalement et à la défense de formuler des demandes pour que la vérité apparaisse".

Arrêtée le 9 novembre à Francfort (Allemagne) en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par la justice française, Mme Kabuye fait partie des neuf Rwandais contre lesquels le juge antiterroriste français, Jean-Louis Bruguière, a émis des mandats d'arrêt en novembre 2006. Le magistrat français les accuse d'avoir organisé, sur ordre de Paul Kagame, l'assassinat, le 6 avril 1994, de Juvénal Habyarimana, ce que les concernés ont toujours nié.

Les relations entre Paris et Kigali, rompues après l'émission des mandats, ont connu de nouvelles tensions après l'arrestation de Mme Kabuye qui s'était, officiellement, rendue en Allemagne pour préparer une visite privée du président Kagame. Ce dernier, qui a qualifié cette arrestation de politique, a menacé de faire délivrer des mandats d'arrêts contre des personnalités françaises impliquées, selon Kigali, dans le génocide.

Mercredi, des manifestations se sont déroulées au Rwanda pour soutenir Mme Kabuye. Les avocats de Mme Kabuye n'ont pas souhaité s'exprimer sur le fond du dossier mais ont cependant souligné qu'elle "conteste les faits qui lui sont reprochés". "Par la recherche de la vérité, on peut arriver à la paix. C'est l'ensemble du Rwanda dans sa reconstruction qui est concerné", a déclaré à la presse Me Forster.

La mise en examen de Mme Kabuye va permettre à Kigali d'avoir officiellement accès à cette information judiciaire ouverte en 1998 à la suite de plainte des familles des trois membres d'équipage français de l'avion abattu.

AS/PB/GF

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