22.10.08 - TPIR/MILITAIRES II - UN DIPLOMATE BELGE A LA RESCOUSSE DU GENERAL NDINDILIYIMANA

Arusha, 22 octobre 2008 (FH) - Johan Swinnen, ambassadeur de Belgique à Kigali pendant le génocide de 1994, a témoigné mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), en faveur de l'ancien chef d'Etat-major de la gendarmerie rwandaise, le général Augustin Ndindiliyimana qu'il a décrit « comme une personne positive ».
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Accusé de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, le général clame son innocence.

« Je considère le général Ndindiliyimana comme une personne positive. Je n'ai jamais noté de sa part des déclarations qui me permettent de douter de son engagement pour la réconciliation, pour la paix et pour le maintien de l'ordre », a témoigné le diplomate, aujourd'hui en poste à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).

« Je crois que le général Ndindiliyimana a toujours plaidé pour que la gendarmerie joue son rôle de maintien de l'ordre », a déclaré Swinnen, en s'interrogeant sur la capacité de cette force à contenir les massacres après l'assassinat du président Juvénal Habyarimana et la reprise des combats auxquels la gendarmerie participait aux côtés de l'armée. Ces hostilités opposaient les forces gouvernementales aux rebelles du Front patriotique rwandais (FPR) actuellement au pouvoir.

« Quelles étaient les possibilités d'action de la gendarmerie après le 6 avril (1994) ? De quels moyens matériels, de quels effectifs disposait-elle ? Quels étaient ses moyens d'action dans le cadre de cette nouvelle donne ? », a demandé Swinnen.

Il a indiqué que Ndindiliyimana lui avait téléphoné tard dans la nuit du 7 au 8 avril 1994 en demandant que la Belgique, dont dix soldats venaient d'être tués par des éléments de l'armée rwandaise, ne retire pas son contingent de la force onusienne alors déployée au Rwanda.

« La conversation a été longue. C'est surtout le général qui parlait, qui expliquait le désarroi. Il me disait que si les Belges partaient, ça aggraverait plutôt la situation. J'ai surtout retenu son insistance très forte pour que nous (les Belges) comprenions que le processus (de paix) avait besoin d'une présence rassurante », a raconté le diplomate.

Selon certains témoignages, le meurtre des dix paras avait été ourdi dans le but de provoquer le départ de tout le contingent belge, pour ainsi laisser le champ libre aux tueurs, une thèse contestée par le général Ndindiliyimana.

Swinnen a par ailleurs affirmé que des officiers belges en mission au Rwanda lui avaient rapporté que Ndindiliyimana avait, avant le déclenchement du génocide, « plaidé pour un renforcement du mandat de la MINUAR» (mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda).

Ndindiliyimana est jugé avec l'ex- chef d'Etat-major de l'armée, le général Augustin Bizimungu, l'ancien commandant du bataillon de reconnaissance, le major François-Xavier Nzuwonemeye et le capitaine Innocent Sagahutu qui commandait un escadron de cette unité d'élite.
ER/GF

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