20.01.09 - RWANDA/GACACA - PROCES EN REVISION SAMEDI POUR UN MILITANT DES DROITS DE L'HOMME

Arusha, 20 janvier 2009 (FH) - Le procès en révision de François-Xavier Byuma, un activiste rwandais des droits de l'homme condamné à 19 ans de prison pour génocide, aura lieu samedi à Kigali devant un tribunal semi- traditionnel gacaca, a-t-on appris mardi de source associative locale.
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« Byuma comparaîtra en révision le samedi 24 (janvier) », a indiqué à l'agence Hirondelle un agent de la Ligue des droits de la personne dans la région des Grands lacs (LDGL), un collectif basé à Kigali.
 
Un membre de la Ligue rwandaise pour la promotion et la défense des doits de l'homme (LIPRODHOR), une organisation membre de la LDGL, a pour sa part précisé que Byuma serait jugé par un tribunal gacaca du district de Rwamagana (Province de l'Est) qui se déplacera à Kigali pour ce recours en révision.
 
Militant de longue date et auteur dramatique bien connu dans son pays, Byuma avait été condamné en première instance en mai 2007 par la juridiction gacaca (prononcer gatchatcha) du secteur Biryogo, dans la ville de Kigali.
 
La peine avait été confirmée en appel trois mois plus tard, après quoi le condamné avait introduit un recours en révision.
 
L'activiste avait été reconnu coupable, entre autres, d' "association de malfaiteurs" et de violences à l'encontre d'une femme tutsie pendant le génocide de 1994. Le déroulement du procès  avait été critiqué par des certaines associations rwandaises, régionales et internationales des droits de l'homme, dont la LIPRODHOR, la LDGL et Human rights watch (HRW).
 
Membre de plusieurs organisations rwandaises des droits de l'homme, Byuma est président de l'association "Turengere abana", ("Protégeons les enfants") qui, dans un rapport, avait accusé le juge Sudi Imanzi, président du tribunal gacaca de Biryogo, d'avoir violé une fillette.
 
Les "gacacas", juridictions populaires inspirées des anciennes  assemblées villageoises lors desquelles les sages réglaient des différends assis  sur le gazon (gacaca en langue kinyarwanda), peuvent juger tous les présumés  auteurs du génocide de 1994, sauf « les planificateurs du génocide au niveau national et provincial »

ER/GF
 
© Agence Hirondelle