30.01.09 - TPIR/KARERA - ARRET DE LA CHAMBRE D'APPEL LUNDI DANS LE PROCES DE L' EX-PREFET KARERA

Arusha, 30 janvier 2009 (FH) - La chambre d'appel du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) rendra son arrêt lundi dans le procès de l'ancien préfet de Kigali rural, François Karera, condamné en première instance à l'emprisonnement à vie.

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Le 07 décembre 2007, il avait été reconnu coupable de génocide, extermination et assassinats.

Selon ce jugement, Karera a incité, aidé et encouragé, d'avril à juin 1994, les massacres de Tutsis dans la commune de Rushashi et à l'église de Ntarama  (deux localités de sa préfecture) ainsi qu'à Nyamirambo, un quartier de la capitale où il avait une résidence.

Lors de l'audience en appel le 28 août dernier, l'ancien préfet, 70 ans, a une nouvelle fois clamé son innocence. « Je m'en remets à la sagesse de la chambre d'appel à laquelle je demande humblement de m'acquitter de toutes les charges portées contre moi », a déclaré l'ex-responsable administratif.

Se posant en victime, il a indiqué avoir été très éprouvé d'entendre, devant la chambre de première instance, « des assassins » de membres de sa famille témoigner contre lui. Karera a expliqué que certains de ses proches avaient été tués en 1994 en raison « des liens historiques » que sa famille entretenait avec les Tutsis.

Il a, par ailleurs, à l'instar de ses avocats, affirmé que les premiers juges avaient ignoré son alibi. Le conseil principal, Carmelle Marchessault, a en effet déclaré que « la défense d'alibi est un point majeur dans ce procès ».

Prenant le relais, le co- conseil, Alexandre Bergevin, a soutenu, à plusieurs reprises, que l'appelant se trouvait, de façon continue, à la résidence de son fils, Ignace, au campus universitaire de Nyakinama, dans la préfecture de Ruhengeri (nord), du 7 au 19 avril 1994.

Les faits de Nyamirambo et de Ntarama pour lesquels il a été condamné en première instance se sont déroulés au cours de cette période.

« L'alibi de François Karera a été prouvé au- delà de tout doute raisonnable», a clamé l'avocat.

Me Bergevin a souligné que son client ne pouvait, de son refuge à Nyakinama, se rendre à Kigali ou à Ntarama, les voies d'accès habituelles étant alors sous le contrôle des rebelles du Front patriotique rwandais (FPR) actuellement au pouvoir.

« Les témoins ont certes dit qu'il était difficile de voyager à travers le Rwanda en 1994 ; mais aucun n'a dit que cela était impossible », a rétorqué Dior Fall, pour le bureau du procureur. « L'accusé avait la possibilité de voyager et de se rendre sur les lieux des crimes », a poursuivi Mme Fall, pour qui "la chambre de première instance a fait une appréciation plus que minutieuse des éléments de preuve" présentés par les deux parties.

Elle a enfin appelé la chambre d'appel à "confirmer les conclusions" des premiers juges.

L'ex-préfet a été arrêté à Nairobi, au Kenya, le 20 octobre 2001 et transféré le lendemain au centre de détention du TPIR, à Arusha, dans le nord de la Tanzanie.

ER/GF

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