16.12.05 - TPIR/MUVUNYI - MUVUNYI N’A PAS ETE OFFICIELLEMENT NOMME COMMANDANT DE L’ESO (TEMOIN)

Arusha, 13 décembre 2005 (FH)- Le deuxième témoin de la défense du colonel Tharcisse Muvunyi, poursuivi pour génocide commis à Butare (sud du Rwanda) en 1994, a déclaré mardi que l’accusé n’avait jamais été officiellement nommé commandant de l’ES0, l’Ecole des sous officiers de la place, comme l’allègue le procureur.

Le parquet du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) affirme qu’en tant que commandant de l’ESO, Muvunyi avait également sous des ordres l’ensemble des soldats qui étaient déployés à Butare et dans la province voisine de Gikongoro.

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Il lui est notamment reproché de ne les avoir pas empêché de commettre des exactions sur des civils, en particulier des violences sexuelles contre des femmes tutsies. L’accusé plaide non coupable.

Le témoin, un ancien lieutenant dans l’armée rwandaise, dénommé MO83 pour des raisons sécurité, a déclaré avoir travaillé à l’ESO entre 1989 et 1990 en tant qu'«instructeur». Il a indiqué avoir quitté l’ESO pour le front après l’attaque du Front patriotique rwandais (FPR) au mois d’octobre.

Selon lui, le commandant de l’ESO a toujours été le colonel Marcel Gatsinzi. Ce dernier a été nommé chef d’état major de l’armée pendant les dix premiers jours du génocide qui a éclaté dans la suite du 6 au 7 avril 1994. Le témoin a indiqué qu’il n’avait jamais vu aucun document officiel nommant Muvunyi commandant de l’ESO.

Le procureur a contesté les affirmations du témoin, se basant sur le fait qu’il n’était pas à Butare en 1994. Le témoin a répondu que du front, il continuait à suivre de près ce qui se passait à l’ESO.

Le témoin a ensuite évoqué la moralité de l’accusé, un homme qu’il connaît depuis longtemps et qui était par ailleurs son ami, a-t-il dit.

Il a indiqué que Muvunyi était non seulement son ami personnel mais également l'ami de plusieurs autres personnes à Butare, civils et militaires confondus. Il a expliqué que l’accusé invitait beaucoup de gens chez lui, ajoutant qu’il aurait même pu recevoir à son domicile des membres du FPR.

Comme le premier témoin de la défense, l’ancien chef d’état-major de la gendarmerie, le général Augustin Ndindiliyimana, M. MO83 a déclaré que les officiers avaient le devoir de discipliner leurs soldats. Il a cependant ajouté que durant le génocide, il leur était difficile de contrôler leurs hommes.

MO 83 a cédé la place à MO38 qui poursuivra son témoignage mercredi.

Muvunyi, 53 ans, est représenté par l’avocat américain Me William Taylor. Son procès a commencé le 28 février 2005.

NI/AT/GF