24.06.09 - MILITAIRES II - LA PRISON A VIE REQUISE CONTRE LES EX- CHEFS DE L’ARMEE

Arusha, 24 juin 2009 (FH) - La prison à vie a été requise mercredi au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à l'encontre de quatre officiers, dont les anciens chefs d'Etat-major de l'armée et de la gendarmerie rwandaises, les généraux Augustin Ndindiliyimana et Augustin Bizimungu, a constaté l'agence Hirondelle.
1 min 55Temps de lecture approximatif

Les autres accusés sont l'ancien commandant du bataillon de reconnaissance, le major François-Xavier Nzuwonemeye, et le capitaine Innocent Sagahutu qui commandait un escadron de cette unité d'élite.

« Pour leur faillite historique et indélébile, justice sera rendue si vous condamnez chacun d'eux à l'emprisonnement à vie. Voilà les derniers mots du procureur », a déclaré Alphonse Van, qui a conduit l'équipe de l'accusation dans cette affaire.

« Au Rwanda, en 1994, les Forces armées ont failli à leur devoir ; elles se sont retournées contre le peuple, en tournant le dos à l'adversaire, c'est pourquoi elles ont été vaincues », a affirmé M. Van.

« On ne saura jamais combien il y a eu de victimes (...) ce qui est sûr c'est qu'un génocide a eu lieu tout simplement parce que les forces armées rwandaises le voulaient ainsi », a poursuivi le magistrat ivoirien.

« La femme et les enfants de Ndindiliyimana vivent en Europe mais ceux d'autres Rwandais ont été tués et ne seront plus revus. L'épouse de Bizimungu et ses enfants résident là-bas, quelque part, mais ceux d'autres Rwandais sont morts. C'est injuste ! », s'est indigné le représentant du procureur.

Ndindiliyimana fut nommé chef de l'Etat-major de la gendarmerie en 1992 tandis que Bizimungu fut porté à la tête de l'armée le 16 avril 1994, en plein génocide.

Le procureur a reproché à Ndindiliyimana d'avoir laissé la gendarmerie, « symbole de la sécurité », participer au génocide.

Quant à Bizimungu, l'accusation a affirmé qu'il tuait les Tutsis « même avant sa nomination » à la tête de l'armée. Raison pour laquelle, a allégué Van, les massacres ont doublé d'intensité dans certaines préfectures après la promotion de l'officier.

Parlant du rôle de Nzuwonemeye et Sagahutu, il les a accusés d'avoir joué un rôle dans l'assassinat du Premier Ministre Agathe Uwilingiyimana et des 10 Casques bleus belges le 7 avril 1994.

Jeudi et vendredi, ce sont les équipes de défense qui se succéderont pour leurs plaidoiries finales.

Les juges se retireront ensuite pour délibérer et leur verdict ne tombera pas avant l'année prochaine.

Ce procès qui compte parmi les plus importants de l'histoire du TPIR s'est ouvert en septembre 2004.

ER/GF

© Agence Hirondelle