18.03.10 - TPIR/BIKINDI - QUINZE ANS DE PRISON CONFIRMES CONTRE LE CHANTEUR SIMON BIKINDI

Arusha,18 mars 2010 (FH) - La chambre d'appel du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a confirmé jeudi, la peine de 15 ans de prison prononcée en première instance contre le célèbre chanteur rwandais Simon Bikindi, a constaté l'agence Hirondelle.

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Le 2 décembre 2008, Bikindi avait été reconnu coupable d'incitation directe et publique à commettre le génocide, à travers une prise de parole, vers fin juin 1994, depuis "un véhicule équipé d'un amplificateur de voix sur la route principale reliant Kivumu à Kayove", deux communes du nord-ouest du Rwanda.

« La chambre d'appel rejette dans son intégralité l'appel de Simon Bikindi, confirme la condamnation pour incitation directe et publique à commettre le génocide, confirme la peine de 15 ans d'emprisonnement», a déclaré le juge président Patrick Robinson.

Les cinq juges ont également rejeté l'appel du procureur qui avait demandé une peine minimum de 30 ans de prison.

La période de détention du condamné, depuis son arrestation en juillet 2001 dans un camp de demandeurs d'asile aux Pays Bas, sera déduite des 15 ans de peine.

Selon ce jugement qui vient d'être confirmé, le discours prononcé par Bikindi sur la route reliant les communes Kivumu et Kayove exhortait à tuer les Tutsis.

Le chanteur n'a cependant pas été condamné pour ses chansons, qui se trouvaient au coeur de l'acte d'accusation.

Tout en reconnaissant le caractère incendiaire de certaines compositions de l'artiste, la chambre de première instance avait souligné qu'elles avaient été composées avant 1994, donc avant la période couverte par la compétence temporelle du TPIR.

Elle avait a par ailleurs noté l'échec du procureur à prouver que Bikindi ait joué un rôle dans la diffusion de ses oeuvres en 1994 par la Radio libre des mille collines (RTLM) qui s'en servait pour appeler à l'extermination des Tutsis.

Tout de blanc vêtu, conformément à ses habitudes, le célèbre compositeur est apparu prostré pendant la lecture de l'arrêt de la chambre d'appel, essuyant parfois des larmes du revers de sa main.

Son avocat, Andreas O'Shea, a cependant estimé, dans un entretien avec l'agence Hirondelle que les juges avaient « fait leur travail ». Le procureur, Hassan Bubacar Jallow, s'est déclaré satisfait également.

ER/GF

© Agence Hirondelle