08.03.11 - CPI/BEMBA - UN AVOCAT DE JEAN-PIERRE BEMBA ATTAQUE UN QUOTIDIEN BELGE

La Haye, 8 mars 2011 (FH) - Maître Aimé Kilolo, l'un des avocats de Jean Pierre Bemba jugé pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, nie que d'anciens combattants du sénateur congolais aient repris du service aux côtés de Mouammar Kadhafi, aux prises avec une guerre civile.
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Avocat au barreau de Bruxelles, maître Kilolo a déposé une sommation par huissier de justice contre le quotidien belge Le Soir, après la publication d'un article de Colette Braeckman, le 23 février, alléguant que d'anciens soldats de Jean-Pierre Bemba figureraient parmi des mercenaires qui seraient venus soutenir le régime Kadhafi.

Selon le quotidien belge, « les ex-rebelles congolais sont aujourd'hui soupçonnés d'avoir repris du service auprès de leurs anciens alliés libyens, mais on se demande comment ils ont pu quitter le territoire congolais à l'insu des autorités ». Le journal retrace les liens entre Mouammar Kadhafi et Jean-Pierre Bemba et affirme qu'en 2002, lors de l'envoi des troupes du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) en Centrafrique, pour soutenir le régime d'Ange Félix Patassé, en proie à la rébellion, « c'est Kadhafi qui paie la facture du corps expéditionnaire congolais, tandis que Bemba et Patassé se partagent les bénéfices des trafics de diamants, de bois, de cacao et de café. » A ce jour et depuis le début du procès intenté contre le sénateur congolais, le 22 novembre 2010, le procureur n'a appelé aucun témoin sur ces faits.

Pour maître Aimé Kilolo, les allégations du quotidien belge sont « totalement farfelues ». En début de semaine, l'avocat a déposé une sommation par huissier de justice contre Le Soir, demandant la publication d'un droit de réponse signé de la sénatrice congolaise Eve Bazaiba, qui n'a pas encore été publié. « Tout est faux. Il y a huit ans que la branche armée du mouvement s'est muée en parti politique. Les hommes, ainsi que les armes et les munitions, ont été mis à la disposition de la République » a-t-elle affirmé à Hirondelle. « Comment pourrait-il avoir encore la main sur une armée alors que le 24 mai, cela fera trois ans qu'il est en prison ? »

Arrêté le 24 mai 2008 par les autorités belges, dans une banlieue de Bruxelles, Jean-Pierre Bemba avait été transféré à la prison de la Cour pénale internationale le 3 juillet 2008. Il doit répondre de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre pour viols, meurtres et pillages commis par ses soldats, envoyés pour combattre en Centrafrique à la demande du président d'alors, Ange-Félix Patassé.

Suspendu vendredi dernier, sans explications publiques, le procès reprendra le 14 mars, avec l'audition du 13ième témoin du procureur, selon le calendrier du tribunal. A en croire maître Kilolo, l'accusé lui même n'aurait pas été informé des raisons de la suspension.

SM/ER/GF

 © Agence Hirondelle